Chronique KTO radio du mercredi 22 avril 2026
Initiée en 1970 par le sénateur américain Gaylord Nelson, la journée mondiale de la terre du 22 avril marque une étape importante dans l’émergence du mouvement écologiste moderne. Elle naît après une marée noire dévastatrice en 1969, mobilisant vingt millions d’Américains. En 1990, elle devient mondiale, unissant deux-cents millions de personnes dans cent quarante et un pays. Aujourd’hui, dans une perspective toute laïque, elle célèbre la Terre et ses bontés pour sensibiliser le grand public aux défis écologiques comme le changement climatique, l’érosion de la biodiversité et la pollution. Fait notable, de nombreuses communautés chrétiennes ont l’idée de marquer cette journée pour en faire une fête de la création. Elles associent souvent cette journée à la louange du Créateur ainsi qu’à la responsabilité écologique, inspirées par le premier chapitre de du livre de la Genèse en particulier son refrain : « Dieu vit que cela était bon ». Ainsi, comme pendant le temps de la création entre le premier septembre et le 4 octobre, beaucoup, toutes confessions confondues organisent des prières pour la Création, des messes en plein air ou des actions concrètes comme des plantations d’arbres. Cette journée de célébration est très suivie aux États-Unis, mais aussi aux Philippines et au Brésil où des paroisses catholiques et protestantes participent au « Earth Day Sunday », le dimanche de la Terre. Je trouve cette initiative formidable à au moins deux titres. Le premier est que cela donne une occasion supplémentaire aux communautés d’inscrire dans leur calendrier une date de célébration de la création, en plus du temps de la création de septembre et des autres fêtes mobiles, comme les rogations et les quatre temps de l’Eglise, ou d’autres fêtes de saints, comme saint Isidore, patron des laboureurs, ou saint Fiacre, patron des jardiniers. L’autre titre est d’avoir une date de célébration commune avec la société civile laïque. Cela pourrait se passer comme du temps de Pie XII qui instaura en 1955 la fête de S. Joseph travailleur le premier mai, pour christianiser la fête du Travail. En fait, les chrétiens sont très forts pour se réapproprier les fêtes païennes dans leur calendrier liturgique et en faire des fêtes chrétiennes, pensons à Noël, le jour de la fête du Sol invictus. Pourquoi pas le jour de la terre ?
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