Chronique KTO radio du mercredi 20 mai 2026
La crise pétrolière liée au conflit entre les USA, Israël et l’Iran m’amène à une réflexion sur le sens de l’économie aujourd’hui. On voit bien comment le blocage du Détroit d’Ormuz crée une situation de blocage économique au niveau de l’ensemble de la maison commune et plus précisément, l’économie mondiale. L’économie est devenue un vaste système autonome qui rend dépendantes les différentes communautés hmaines pour le meilleur mais aussi pour le pire. Et la défense des intérêts qui justifie l’intervention militaire en Iran vise plus à protéger un système que des populations au prises avec le réel de la vie. Ce système économique est devenu un en soi qui porte en lui sa propre fin et qui instrumentalise les personnes et la nature en fonction de cette fin : plus de croissance par plus de profits. Dans Laudato si’, François émet ce jugement : « L’économie assume tout le développement technologique en fonction du profit, sans prêter attention à d’éventuelles conséquences négatives pour l’être humain. Les finances étouffent l’économie réelle. » (LS 109). Cette autonomisation du système économie, équivaut à une forme d’extériorisation qui en fait une entité en soi propice à la réalisation d’un vieux défaut humain bien référencé dans la Bible… l’idolâtrie. Et sur ce point a critique de Jean Bastaire fut cinglante : « Le consumérisme est, aujourd’hui, l’ennemi direct de l’Évangile, celui contre lequel les chrétiens doivent mobiliser toute leur foi et leur action. Il est l’idolâtrie majeure qui, […] remplace actuellement dans les supermarchés le Royaume de Dieu par le royaume du vide[1]. » Un peu plus loin, il complète même en disant : « Si on applique la Trinité aux réalités économiques, en d’autres termes si on place l’Amour au centre des relations de subsistance que l’homme entretient avec ses semblables et le reste de la Création, on s’aperçoit aussitôt de l’opposition frontale qui existe entre le christianisme et le consumérisme[2]. » On ne peut donc que souhaiter que l’économie redevienne une réalité maitrisée au service des personnes et des communautés. On ne peut qu’espérer que l’amour du plus pauvre, ce qui inclut la création, soit la boussole d’un renouveau anxieusement attendu par tous, un amour aux dimensions trinitaires.
[1] Hélène & Jean Bastaire, Pour un Christ vert, Paris, Salvator, 2009, p. 29.
[2] Hélène & Jean Bastaire, Pour un Christ vert, Paris, Salvator, 2009, p. 49.
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