*Chronique d’écologie intégrale – 30 Septembre 2026 – Mémoire obligatoire de Saint Jérôme, prêtre et docteur de l’Eglise

*Chronique d’écologie intégrale – 30 Septembre 2026 – Mémoire obligatoire de Saint Jérôme, prêtre et docteur de l’Eglise

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Chronique d’écologie intégrale du 30 septembre 2026, Mémoire obligatoire de Saint Jérôme, prêtre et docteur de l’Eglise

Le 30 septembre, l’Eglise célèbre la mémoire de S. Jérôme, prêtre et docteur de l’Eglise. Né dans une famille chrétienne et aisée vers 345, à Spiridon entre la Dalmatie et la Pannonie, il réalise des études littéraires à Rome. Il meurt à Bethléem en 419-420. Il reçut le baptême à l’âge de dix-neuf ans en 366, entre dans une communauté religieuse, puis après un séjour à Trèves en Germanie, décide de partir faire l’expérience du désert en Syrie. Il est ordonné prêtre entre 376 et 379, mais il revient à la ville pour étudier les écritures à Constantinople entre 378 et 380 avec S. Grégoire de Nazianze. Il revient à Rome en 382 et devient le secrétaire du pape Damase. A la mort de ce dernier, menacé par les ennemis que son franc parler lui a gagné, il revient en terre sainte pour y fonder deux monastères, une école et un hospice. Il se fixe à Bethléem entre 385 et 386. C’est là qu’il accomplit l’œuvre pour laquelle il est reconnu : la traduction de la Bible en latin, la fameuse Vulgate validée par … le concile de Trente au xvie siècle. Il prit part aux controverses de son temps contre Pélage et contre Origène, mais il marqua la postérité par ses commentaires exégétiques de tous les livres saints de la Bible. Pierre Jounel, commente son expérience à Bethléem en disant « Une discipline ascétique sans défaillance, que nourrissait la lecture savoureuse de la parole de Dieu, la familiarité de Jésus dans l’Evangile, lui permirent d’accéder peu à peu, dans l’humilité, à l’ordre supérieur de la charité, et de communier à l’esprit de cette Crèche qu’il avait choisi pour refuge[1]. » S. Jérôme a choisi de se consacrer à l’étude de la Parole de Dieu, dans le lieu même où cette Parole, c’est faite chair, c’est-à-dire s’est concentrée en une personne, Jésus Christ. C’est l’occasion de nous poser une question de méthode dans le cadre de ces chroniques d’écologie intégrale. La Bible est-elle un livre d’écologie ? La réponse est indéniablement non… La problématique écologique étant née au xixe siècle, il serait anachronique de dire cela. Cependant, la Bible nous parle véritablement du rapport humain à la création, mais ce n’est pas son sujet principal. Elle raconte en premier lieux l’histoire de la relation entre Dieu et son peuple. Ce n’est que secondairement, que les éléments de la création sont présents et sont aussi considérés pour eux-mêmes ou dans leur relation avec l’être humain. On peut fonder l’écologie intégrale sur les Ecritures, car toute ce qui concerne l’histoire du salut humain a des retombées cosmiques, sur toute la création et ce qu’elle contient. Mais il faut retenir qu’il est légitime d’interroger la Bible, avec les questions qui sont les nôtres aujourd’hui. La question écologique en fait partie. Le propre des Ecritures, est de pouvoir être l’objet d’une interprétation vivante, signe du dynamisme de l’Esprit-Saint qui fait jaillir dans nos esprits, nos cœurs et nos intelligences, un sens renouvelé, actualisé pour relever les enjeux et les défis de notre temps. Ces chroniques ont été pour moi l’occasion de mettre en lumière un certain nombre de clés de lectures des textes bibliques à la lumière de l’écologie intégrale. Je me permets de vous les partager pour terminer : (1) Dans un premier temps, il s’agit d’appliquer le prisme du tétraèdre des quatre relations de l’écologie intégrale : la relation à Dieu, aux autres, à soi et à la création : comment les textes envisagés traitent de ces quatre relations, ou de certaines d’entre elles. (2) De manière plus spécifique, la place de la création et des créatures non-humaines est un bon point de repère. C’est assez factuel et des surprises sont possibles. (3) L’extension d’un sujet à la dimension cosmique, comme par exemple la relation aux pauvres qui est inclusive de la création qui est constituée comme pauvre par le pape François au paragraphe 2 de Laudato si’. (4) La critique du paradigme technocratique (LS ch. 3), notamment dans les questions relatives à l’argent. (5) Les aspects de doctrine sociale de l’Eglise, en particulier quand les textes abordent des thèmes comme la propriété et la mise en commun, la dimension politique et toutes les questions sociales qui peuvent être revisitées par le paradigme de l’écologie intégrale. Dans ce cas la convocation des principes permanents de l’enseignement social de l’Eglise est un outil assez simple. (6) La kénose du Verbe divin (Ph 2, 5-11) est une clé qui revient très souvent : il s’agit d’imiter l’abaissement du Christ dans le mouvement de l’incarnation pour penser le sens de la domination de la création par l’homme créé à l’image de Dieu (Gn 1, 28). (7) L’écologie humaine est un critère assez pratique quand les textes abordent les questions de « l’écologie de la vie quotidienne » selon l’expression du pape François dans Laudato si’ au chapitre 4 (LS147-154) et plus spécifiquement des questions de bioéthique. (8) Pour finir, je trouve parfois, comme aujourd’hui, des prétextes pour évoquer tel ou tel thème important de l’écologie intégrale, comme la biodiversité, ou l’engagement de terrain pour les militants de l’écologie intégrale. Cette liste n’est pas exhaustive, mais permet de mieux comprendre ce que le pape François nous invite à faire quand il s’agit de reconnaitre toutes les conséquences de notre rencontre avec le Christ en ce qui concerne nos relations avec la création (LS 217).

[1] Pierre Gounel, Missel de la semaine, Paris, Desclée, 1973, p. 1710.

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