Retrouvez cette chronique sur :
Radio Espérance
Chronique d’écologie intégrale – 01 Octobre 2026 – Mémoire obligatoire de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, vierge, docteur de l’Eglise
S. Thérèse de l’enfant Jésus, fêtée le premier octobre, est né Thérèse Martin, à Alençon en Normandie, le 2/01/1873…. Fille des saints Louis et Zélie Martin et petite dernière d’une famille de neuf enfants, son papa est horloger et sa maman dirige une affaire de dentelle. Ce n’est qu’après le décès de sa maman que la famille Martin s’installe à Lisieux, elle a alors quatre an et demi. A la suite de sa sœur Pauline et de l’aînée Marie, Thérèse entre au Carmel à l’âge de quinze ans, le 8 avril 1888. Elle y prend le nom de Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face. Elle reste neuf ans au monastère et y occupe les fonctions de lingère, de ménagère et de maîtresse des novices. Elle y est rejointe par Céline, une autre de ses sœurs, un peu plus tard après la mort de Louis Martin. Mais la voilà atteinte de tuberculose qui l’emporte à l’âge de vingt-quatre ans. Dans la dernière année de sa vie, elle connut l’épreuve de la nuit de la foi, la « nuit du néant ». Elle meurt le 30 septembre 1897 en prononçant cependant ces paroles : « Mon Dieu je vous aime. » Elle fut béatifiée en 1923 puis canonisée en 1925 par le pape Pie XI. Il la déclara sainte patronne des missions en 1927 et Pie XII la proclama patronne secondaire de la France en 1944. C’est en 1997 que S. Jean-Paul II la proclama docteur de l’Eglise. Son autobiographie connait un fort retentissement peu de temps après sa publication. S. Thérèse est une des saintes les plus populaire des églises de France, sa statue est partout. Son message est bien connu. Elle a su placer l’amour au-dessus de toutes les vocations, quand elle écrit : « dans le cœur de l’Eglise ma mère, je serai l’amour[1]. » Dans son récit autobiographique, Histoire d’une âme, elle nous laisse ce message : « La sainteté consiste en une disposition du cœur qui nous rend humbles et petits entre les bras de Dieu, conscients de notre misère, et confiants jusqu’à l’audace en sa bonté de Père[2]. » C’est le message de la « voie de l’enfance » ou « petite voie ». Il s’agit de faire les choses les plus humbles par amour. Or l’amour se fait petit pour laisser l’autre être, il se fait petit et s’abaisse parce que justement, le meilleur ascenseur pour la sainteté c’est de s’abaisser et se laisser porter et élever par l’Amour du Père. Il me semble que nous avons là un guide merveilleux pour ajuster notre relation à la création : en imitant l’abaissement du Christ et en se faisant petit pour servir les créatures que Dieu nous confie. C’est donc bien cela le sens de la domination de la création de Gn 1, 28. Et cela qualifie la relation que S. Thérèse pouvait avoir avec les créatures. Jean Bastaire relève de ce fait des éléments intéressants de la vie de notre sainte du point de vue de l’écologie intégrale. Tout d’abord, il note que dans ses écrits biographiques, la campagne de son enfance occupe une place importante signifiant le souvenir d’un émerveillement dans les relations qu’elle avait avec la nature. Les plantes et le ciel étoilé l’enchantent. Elle pensait y avoir renoncé en entrant au carmel, mais elle fut heureuse de voir que les fleurs ses vieilles amies, la rejoignaient à travers le service du fleurissement de la chapelle. Ses rêves sont pleins des créatures qu’elle affectionne, je cite : « Ordinairement je rêve les bois, les fleurs, les ruisseaux et la mer, presque toujours je vois de jolis petits enfants, j’attrape des papillons et des oiseaux comme jamais ne n’en ai vus[3]. » Ces créatures sont associées à un symbolisme spirituel qui sert à exprimer les mystères de la foi et la profondeur de sa vie spirituelle. J’aime particulièrement cette déclaration étonnante qu’elle fait dans ses Derniers entretiens, au sujet des mouches, je cite : « Je n’ai qu’elles d’ennemies et comme le bon Dieu a recommandé de pardonner à ses ennemis, je suis contente de trouver cette petite occasion de le faire[4]. » Voici une manière originale de faire fraternité avec les créatures ! Ce n’est pas forcément connu, mais comme S. François d’Assise elle a elle aussi écrit une sorte de « Cantique des créatures », qui est une transcription poétique du Ps 103, Voici en extrait la cinquantième strophe : « Toi dont la main soutient les mondes, Qui plante les forêts profondes, Toi qui d’un seul coup d’œil les rend fécondes, Tu me suis d’un regard d’amour Toujours[5]. » C’est par la métaphore de la pâquerette tournée vers le Soleil qu’elle illustre sa posture de réception du regard fécondant de Dieu sur elle. S. Thérèse de Lisieux a promis d’envoyer des pluies de grâce de la part du Seigneur quand elle serait au ciel… sauf si l’on tue les petits oiseaux, dit-elle dans un de ses écrits[6]. Pour exprimer sa mission paradisiaque d’intercession, elle utilise la métaphore des pétales de roses représentant les grâces qu’elle veut faire transmettre. Avec ces métaphores S. Thérèse nous aide à entrer dans le regard de Jésus sur les créatures, comme nous l’enseigne le pape Fraçois dans Laudato si’. De manière indirecte nous comprenons la valeur propre des pâquerettes des champs et des roses dans le regard de Die
[1] . S. Thérèse de l’Enfant Jésus, Histoire d’une âme, Paris, Cerf-DDB, 1985.
[2] . Ibid.
[3] . Ibid., p. 123.
[4] . Derniers entretiens, Paris, Cerf-DDB, 1973, p. 100.
[5] . S. Thérèse de l’Enfant Jésus, J’entre dans la vie, Paris, Cerf-DDB, 1973, p. 110.
[6] . S. Thérèse de l’Enfant Jésus, Poésies, Paris, Cerf-DDB, 1979, p. 72.
Un Commentaire