*Chronique d’écologie intégrale – 30 Août 2026 – Mémoire facultative de Saint Fiacre, prêtre

*Chronique d’écologie intégrale – 30 Août 2026 – Mémoire facultative de Saint Fiacre, prêtre

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Chronique d’écologie intégrale du 30 août 2026, Mémoire facultative de Saint Fiacre, prêtre

Saint Fiacre fêté le 30 août, est né en Irlande au VIIᵉ siècle, est une figure emblématique de la spiritualité monastique et un modèle de vie en harmonie avec la nature. Formé dans un monastère irlandais, il quitte son pays natal pour évangéliser la Gaule, où il s’établit en Brie, près de Meaux. L’évêque saint Faron lui offre un terrain à Bréau, où S. Fiacre fonde un ermitage et un jardin médicinal, devenant ainsi l’un des premiers moines-jardiniers de l’Occident chrétien. S. Fiacre est surtout connu pour son amour des plantes et son savoir en herboristerie. Selon la tradition, il aurait guéri des malades grâce aux simples qu’il cultivait, combinant prière et soin par les plantes. Un épisode célèbre raconte qu’il aurait chassé les fièvres et les maux en utilisant des herbes, ce qui lui vaut une réputation de thérapeute et de protecteur des jardiniers. Son bâton, avec lequel il traçait des sillons, serait devenu un symbole de bénédiction pour les jardins. La légende raconte aussi qu’il aurait creusé un étang d’un simple coup de bâton pour avoir de l’eau, montrant ainsi l’empire qu’il pouvait avoir les éléments naturels, toujours au service des autres, comme s’il avait par sa sainteté vaincu les conséquences du péché originel. Son ermitage, entouré d’un verger et d’un potager, attire de nombreux disciples et pèlerins. Fiacre y mène une vie de prière, de travail manuel et d’hospitalité, illustrant l’idéal bénédictin selon la devise monastique : « ora et labora ». Après sa mort, vers 670, son culte se répand rapidement, et son sanctuaire de Saint-Fiacre-en-Brie devient un lieu de pèlerinage pour les malades et les jardiniers. Il est invoqué pour la fertilité des terres, la protection des récoltes et la guérison des hémorroïdes (d’où le mot « fiacre » en ancien français pour désigner cette maladie). La liturgie célèbre saint Fiacre le 30 août, une date qui coïncide avec la fin de l’été et les travaux de la terre. Cela donne lieu en Normandie à des réjouissances étonnantes, car par exemple, la cathédrale de Caen se trouve littéralement envahie, voire remplie de légumes, de fruits et de fleurs pendant tout le weekend des célébrations du saint. Puis les produits maraîchers sont distribués aux pauvres. Son exemple montre comment le jardin peut être un lieu de rencontre entre Dieu et la création, où la beauté, l’utilité et la prière se rejoignent. De toujours, les jardins ont porté cet idéal de recouvrer le jardin originel parfait, celui de l’Eden dans lequel, l’homme et la création vivaient en harmonie, avant le péché. La tradition des jardins monastiques, en particulier dans les cloîtres en porte la marque. C’est l’occasion, de méditer sur le sens de la vocation humaine dans la création. On peut dire que celle de jardinier figure parmi les théologèmes possibles pour vivre cette vocation. Qu’est-ce qu’un théologème ? Selon le théologien réformé Stéphane Lavignotte, c’est une unité de sens théologique qui produit des effets concrets dans la vie des gens. Par exemple, si vous pensez que l’être humain a pour vocation d’être le jardinier de la création, alors votre inclination naturelle sera de vous compoter comme telle avec elle. Si vous pensez au contraire que Dieu a livré la création au pillage de l’humanité qui se comporte en despote et en tyran prédateur selon lune certaine interprétation de Gn 1, 28, alors vous obtiendrez certainement une crise écologique. Il y a plusieurs autres théologèmes de disponibles dans la Bible pour penser le rapporte entre l’homme et la création. Le plus répandu en régime catholique est celui de l’intendance : l’être humain comme intendant de la création. Ce théologème vise un équilibre entre domination responsable et sauvegarde de la création, entre Gn 1, 28 et Gn 2,15. Le théologème le plus soutenu par les orthodoxes est celui de prêtre de la création car l’homme représente Dieu pour les créatures, en tant qu’il est créé à Son image, et représente les créatures devant Dieu dans l’action liturgique. On peut encore penser au théologème du roi-kénotique de la création comme chez S. Epherem de Nisibe, en articulant Gn 1, 28 avec Jn 13, le passage du lavement des pieds : Jésus nous appelle à dominer la création comme il domine sur ses disciples, en les servant, en leur lavant les pieds. D’autres théologèmes sont ainsi disponibles pour inspirer notre engagement écologique au soin de la création, comme celui d’écocitoyen, ou celui du frère universel à l’image de S. François d’Assise. Avec S. Fiacre, c’est donc le théologème du jardinier qui est livré à notre méditation. Ce dernier se fonde sur la lecture de Gn 2, 15, je cite : « Dieu prit Adam et le mit dans le Jardin d’Eden pour le cultiver et le garder. » Qui est celui qui cultive le jardin et le garde si ce n’est le jardinier ? La culture du jardin est spécifique car elle inclut la dimension esthétique et la gratuité des fleurs. Elle comporte la finalité alimentaire du maraichage, mais pas que. Le jardinier est celui qui apporte soin à son jardin et même un soin amoureux, pour qu’il produise les éléments utiles à la vie humaine, mais aussi pour qu’il soit un cadre de vie agréable, ressourçant et reposant, apaisant. Rappelons pour finir que le mot « paradis » vient du grec « jardin » et que la création nouvelle et réconciliée prendra la forme du jardin portant la marque de l’activité de l’homme mais en en retenant que le meilleur. Alors travaillons à la venue de la création nouvelle par le soin amoureux que nous apportons à notre sœur et mère la terre.

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