*Chronique d’écologie intégrale – 29 Août 2026 – Mémoire obligatoire du martyre de Saint Jean-Baptiste

*Chronique d’écologie intégrale – 29 Août 2026 – Mémoire obligatoire du martyre de Saint Jean-Baptiste

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Chronique d’écologie intégrale du 29 août 2026, Mémoire obligatoire du martyre de Saint Jean-Baptiste

L’Eglise célèbre le martyre de S. Jean Baptiste le 29 août depuis le vie siècle. Cela correspond probablement à la date de la dédicace de la basilique abritant le tombeau du cousin de Jésus, à Sébaste, près de Naplouse en Samarie. Au ivesiècle, il y était déjà vénéré en compagnie des prophètes Elisée et Abdias. Mais le tombeau fut profané à cette époque et une basilique y fut ensuite construite dans la continuité du culte précédent. S. Jean Baptiste est commémoré trois fois dans le calendrier liturgique romain. On célèbre la solennité de sa naissance[1] le 24 juin. On l’évoque aussi pendant le temps de l’Avent pour se préparer à Noël. Autant sa naissance est liée au mystère de l’incarnation du Christ, autant, cette mémoire se focalise sur le personnage et son martyre. Et ce martyre est directement lié au prophétisme du saint : rappeler sans concession la teneur de la parole de Dieu à ceux qui n’y sont pas fidèles et dénoncer ces derniers. Cette vocation est véritablement la mise en œuvre de la première lecture de la messe du jour, tirée du livre du prophète Jérémie : « tu diras contre eux tout ce que je t’ordonnerai. […] Moi, je fais de toi aujourd’hui une ville fortifiée, […] pour faire face à tout le pays, aux rois de Juda et à ses princes, à ses prêtres et à tout le peuple du pays. » Je suis frappé par cette radicalité, notamment en période de crise écologique. « La maison brûle et nous regardons ailleurs. » Je ne veux pas faire de politique politicienne, mais quand même, on peut trouver assez prophétique cette déclaration de Jacques Chirac du 2 septembre 2002 à Johannesbourg, en Afrique du Sud ; en particulier, alors même que nous traversons des étés marqués par des périodes caniculaires de plus en plus fortes, canicules elles-mêmes marquées par des incendies de forêts particulièrement spectaculaires. Les prophètes de la sauvegarde de la maison commune sont-ils écoutés aujourd’hui et comment sont-ils traités ? De dangereux écoterroristes, de Khmers verts, de liberticides, d’immatures beatniks ou de soixante-huitards attardés ? La radicalisation quelle qu’elle soit est forcément perçues de manière péjorative car personne n’aime les excès. On préfère les modérés, ils rassurent. Un écologiste modéré, voilà une belle absurdité : « oui on va protéger la planète mais pas trop, quand même pas au détriment de l’économie et du pouvoir d’achat… quand même ». Comme le dit un humoriste contemporain : « et si on remplaçait l’expression « protéger l’environnement » par « sauver l’humanité » qu’est-ce que ça donnerait ? » Ben par exemple : « oui, on va sauver l’humanité mais pas trop, quand même pas au détriment de l’économie et du pouvoir d’achat… quand même. Voilà, voilà… je signale au passage que protéger l’environnement, ou la planète, c’est devenu synonyme de sauver l’humanité. Comme le rappelle Gaultier Bès de Berc[2], se radicaliser, c’est opérer une conversion de retour aux racines. Et en contexte de crise écologique, ne pas se radicaliser, c’est-à-dire ne pas revenir aux racines de ce qui fait une vie authentiquement humaine, c’est prendre des risques énormes en termes de survie, si jamais les effondrements écosystémiques étaient trop importants dans un avenir plus ou moins proche. On pourrait alors paraphraser l’évangile du jour en l’adaptant à nos circonstances en une parabole qui pique un peu. « En ce temps-là, le roi du monde avait donné l’ordre d’arrêter les écologistes et de les enchaîner dans la prison, à cause de la reine Economie libérale, la grande illusionniste qui faisait croire à tous ceux qui voulaient bien l’entendre qu’elle était la seule capable d’assurer un avenir prospère à l’humanité. Les écologistes lui disaient : « Tu n’as pas le droit de laisser l’Economie libérale consommer et anéantir les ressources de la planète. » L’Economie libérale en voulait donc aux écologistes, et elle cherchait à les faire disparaître. Mais elle n’y arrivait pas parce que le roi avait peur des écologistes : il savait qu’ils avaient raison sur le plan théorique, et il les protégeait ; quand il les avait entendus, il était très embarrassé ; cependant il les écoutait avec plaisir. Or, une occasion favorable se présenta quand, à l’occasion de prochaine COP ; le roi fit un dîner pour ses dignitaires. Les filles de l’Economie libérale, la Finance et le Pouvoir d’achat firent leur entrée et dansèrent leur meilleure danse du ventre comme elles savaient si bien la faire en tout contexte de période électorale. Elles plurent au roi et à ses convives qui repoussèrent de nouveau quelques mesures écolos pourtant nécessaires au soin de la maison commune. Le roi dit à aux jeunes filles : « Demandez-moi ce que vous voulez, et je vous le donnerai. » Elles sortirent alors pour dire à leur mère : « Qu’est-ce qu’on va demander ? » L’Economie libérale répondit : « La tête des écologistes bien évidement. » Aussitôt les jeunes filles s’empressèrent de faire cette demande : « Nous voulons que, tu nous donnes sur un plat la tête des écologistes. » Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause des convives, il ne voulut pas leur opposer un refus. Aussitôt il proposa une loi de restriction des subventions aux associations de protection de l’environnement que les parlementaires s’empressèrent de voter. » En toute sincérité, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé, n’est que pure coïncidence.

[1] . Voir Conversations écologiques, vol. 4, p. 148-150.

[2] . Gaultier Bès de Berc Radicalisons-nous ! : la politique par la racine, Première partie, 2017.

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