*Chronique d’écologie intégrale – 29 Mai 2026 – Mémoire facultative de Saint Paul VI, Pape

*Chronique d’écologie intégrale – 29 Mai 2026 – Mémoire facultative de Saint Paul VI, Pape

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Chronique d’écologie intégrale du 29 mai 2026, Mémoire facultative de Saint Paul VI, Pape

. Paul VI, né Giovanni Battista Montini le 26 septembre 1897 à Concesio en Italie, est fêté le 29 mai. Il est l’un des papes les plus marquants du xxᵉ siècle. Ordonné prêtre en 1920, il sert la Secrétairerie d’État du Vatican avant de devenir archevêque de Milan en 1954, où il se distingue par son ouverture pastorale et son engagement social. Élu pape en 1963, il succède à Jean XXIII et mène à son terme le concile Vatican II (1962-1965), dont il applique les réformes avec prudence et détermination, notamment la liturgie en langue vernaculaire et le dialogue avec le monde moderne. Son pontificat est marqué par des textes majeurs : l’encyclique Ecclesiam Suam (1964) sur l’Église comme dialogue, Populorum Progressio (1967) sur la justice sociale et le développement intégral de la personne humaine ; et aussi Humanae Vitae (1968), qui réaffirme l’enseignement catholique sur la régulation des naissances, suscitant débats et controverses. Il est aussi le pape du dialogue œcuménique par des rencontres historiques avec les orthodoxes et les protestants, et des voyages apostoliques en étant premier pape à se rendre sur les cinq continents. Il symbolise ainsi une Église ouverte au monde. S. Paul VI affronte des défis internes comme la crise post-conciliaire, et externes comme la guerre froide et la décolonisation, avec une foi inébranlable et un sens aigu de la responsabilité. Son humilité et sa profonde spiritualité transparaissent dans ses écrits, comme Evangelii Nuntiandi (1975), qui pose les bases de la nouvelle évangélisation. Il meurt le 6 août 1978, après un pontificat éprouvant, mais laisse une Église renouvelée et tournée vers les pauvres et la paix et aussi, de manière encore embryonnaire, l’écologie. Il fut canonisé en 2018 par le pape François. Avec S. Paul VI le mot « écologie[1] » apparaît dans les textes du magistère. C’est même lui le premier pape à parler d’« écologie humaine[2] » presque quinze ans avant S. Jean-Paul II. Dans son encyclique Populorum Progressio, il fait réfléchir sur le sens du progrès moderne qui sera repris par la suite par Benoît XVI dans Caritas in veritate et par François dans Laudato si’ : il doit être le développement intégral de toute l’humanité, mais aussi de la personne humaine dans toutes ses dimensions. Le progrès ne doit pas être partiel et réservé à des privilégiés. D’un point de vue théologique ce progrès a un sens en accord avec la mission qu’Adam reçoit au jardin d’Éden. La création n’est pas achevée, c’est pourquoi, il laisse la place à l’homme de contribuer à mener la création vers son achèvement par son travail[3]. Le Pape François nous invite à sa suite à favoriser le développement intégral tout en ne nous laissant pas berner par ce qu’il appelle les mythes du progrès et qui sont à la racine de la crise écologique[4]. Cependant, S. Paul VI se penche, à la suite de S. Jean XXIII, sur l’usage de la technique dans Octogesima Adveniens, en 1971, pour la commémoration de Rerum Novarum. Il lance un appel à un usage des sciences et technologies au service de l’homme et du bien de toute vie. Le pape François s’en fait également l’écho dans Laudato si’ car pour lui il est urgent que la réflexion éthique préside à tout progrès technologique[5]. S. Paul VI constate que les hommes deviennent petit à petit esclaves de ce qu’ils sont appelés à soumettre. Il remarque en effet que les produits dérivés de l’action sur l’environnement génèrent des menaces écologiques que nous connaissons bien aujourd’hui mais que nous n’avons pas su anticiper ou prévoir[6]. L’exigence éthique profonde de cet appel est mise en valeur dans son discours à la FAO en 1971 sur les problèmes écologiques : « Nous n’avons voulu les évoquer brièvement devant vous que pour mieux souligner l’urgence et la nécessité d’un changement presque radical dans le comportement de l’humanité, si elle veut assurer sa survie. Il a fallu des millénaires à l’homme pour apprendre à dominer la nature, « à soumettre la terre » selon le mot inspiré du premier livre de la Bible (Gn 1, 28). L’heure est maintenant venue pour lui de dominer sa domination, et cette entreprise nécessaire ne lui demande pas moins de courage et d’intrépidité que la conquête de la nature[7]. » Nous avons ici le premier appel officiel d’un Pape à une véritable conversion écologique, urgente et nécessaire ! Devant une telle interpellation qui date, je le rappelle de 1971, peut-on encore dire que l’Eglise catholique était en retard dans sa réaction aux problématique écologiques ? On peut seulement regretter que cette vision prophétique du saint pape ne soit pas plus rapidement descendue dans les strates de la hiérarchie ecclésiastique, jusqu’au bon peuple de Dieu.

[1] . A partir d’ici la chronique reprend de manière remaniée, le texte de mon livre Une encyclique pour une insurrection écologique des consciences, avec Alain Ricaud, Paris, Parole et Silence, 2015, p. 28-30.

[2] . Paul VI, Audience, 7 novembre 1973.

[3] . Paul VI, Lettre encyclique Populorum Progressio, 26 mars 1967.

[4] . LS 60, 78, 210.

[5] . LS 105, 131, 135ss.

[6] . Paul VI, Lettre encyclique Octogesima Adveniens, 14 mai 1971.

[7] . Paul VI, « Discours à l’occasion du 25ème anniversaire de la F.A.O. », le 16 novembre 1970, 4.

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