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Chronique d’écologie intégrale – 12 Octobre 2026 – Mémoire facultative de Saint Carlo Acutis
S. Carlo Acutis fêté le 12 octobre, naît le 3 mai 1991 à Londres, dans une famille bourgeoise italienne originaire de Lombardie, catholique mais non pratiquante. Ses parents, Andrea Acutis et Antonia Salzano, s’installent à Milan quelques mois après sa naissance. C’est grâce à une jeune fille au pair polonaise que l’enfant découvre la foi. Très tôt, il manifeste une piété étonnante : il récite quotidiennement le chapelet dès l’âge de quatre ans et demi et demande à entrer dans toutes les églises pour, dit-il, « saluer le Christ ». Devant son insistance, ses parents consultent un prélat, qui autorise une première communion dès l’âge de sept ans, en 1998. Jusqu’à sa mort, Carlo participera chaque jour à la messe. Pourtant, Carlo n’est pas un adolescent hors norme en apparence. Passionné d’informatique, de jeux vidéo et de programmation, il met ses compétences au service de sa paroisse et de son école. Ses amis le décrivent comme un garçon gentil, aimant le football et les baskets, mais peu ordinaire dans sa cohérence : il confesse ses camarades qui se moquent des « filles », défend les handicapés et partage son argent de poche avec les pauvres. Il surnomme la Vierge Marie « l’unique femme de sa vie ». Son projet le plus célèbre demeure la constitution d’un catalogue en ligne des miracles eucharistiques et des apparitions mariales du monde entier, qui a depuis voyagé à travers la planète. Ce travail d’évangélisation numérique lui vaut les surnoms de « cyber-apôtre » ou de « geek de Dieu ». En octobre 2006, Carlo est atteint d’une grave leucémie. Face à la maladie, il refuse l’acharnement thérapeutique et offre sa souffrance « pour le Pape et l’Église ». Il meurt le 12 octobre 2006, à quinze ans. Sa réputation de sainteté grandit rapidement. Déclaré vénérable en 2018, il est béatifié le 10 octobre 2020 à Assise. Initialement prévue le 27 avril 2025, sa canonisation est reportée après la mort du pape François : c’est Léon XIV qui l’inscrit au calendrier des saints au cours d’une célébration le 7 septembre 2025, en même temps que S. Pier Giorgio Frassati. Premier saint « millennial » de l’histoire de l’Église, Carlo Acutis est souvent présenté comme un patron possible d’Internet. Sa dépouille repose dans une tombe vitrée à Assise, devenue un lieu de pèlerinage majeur pour les jeunes. Sa spiritualité tient en une phrase qui résume son existence : « L’Eucharistie est mon autoroute vers le ciel. » S. Carlo Acutis séduit car il présente la figure d’un jeune moderne et bien insérée dans la culture de la jeunesse contemporaine. Je voudrais retenir deux aspects de son témoignage, au moment où le pape Léon XIV fait de l’intelligence artificielle un sujet incontournable de son pontificat. L’évangélisation numérique n’est pas une mince affaire car elle n’est pas sans enjeux écologiques non-plus. Internet devient une structure pollueuse de plus en plus importante du fait de l’usage des IA génératrices. Il existe toute une réflexion sur un usage écologique d’Internet dont l’impact carbone pourrait être bien mieux maîtrisé. Mais la question du numérique sollicite aussi une vraie question d’écologie humaine qu’est l’écologie de l’esprit. La toile crée en effet un environnement virtuel, un écosystème informatique dans lequel, notre intériorité est fortement sollicitée voir mise à l’épreuve, en particulier quand le virtuel devient l’environnement principal et plus important que l’environnement naturel et social des personnes. C’est là que le risque de la deshumanisation devient menaçant. Comme dans tous les domaines de l’usage de la technologie, l’écologie intégrale interpelle la conscience afin de placer la réflexion éthique comme instance régulatrice afin de replacer la finalité de toute production humaine dans l’axe du respect de la dignité des personnes et de l’intégrité de la maison commune. Le message fondamental de S. Carlo Acutis autour de l’eucharistie est vraiment fondamental dans la perspective d’une spiritualité écologique de la création. En effet, le pape François écrit dans Laudato si’ (236), je cite : « Dans l’Eucharistie, la création trouve sa plus grande élévation. […] Le Seigneur, au sommet du mystère de l’Incarnation, a voulu rejoindre notre intimité à travers un fragment de matière. […] Dans l’Eucharistie la plénitude est déjà réalisée ; c’est le centre vital de l’univers, le foyer débordant d’amour et de vie inépuisables. Uni au Fils incarné, présent dans l’Eucharistie, tout le cosmos rend grâce à Dieu. En effet, l’Eucharistie est en soi un acte d’amour cosmique : « Oui, cosmique ! Car, même lorsqu’elle est célébrée sur un petit autel d’une église de campagne, l’Eucharistie est toujours célébrée, en un sens, sur l’autel du monde[1] ». L’Eucharistie unit le ciel et la terre, elle embrasse et pénètre toute la création. Le monde qui est issu des mains de Dieu, retourne à lui dans une joyeuse et pleine adoration : dans le Pain eucharistique, « la création est tendue vers la divinisation, vers les saintes noces, vers l’unification avec le Créateur lui-même[2] ». C’est pourquoi, l’Eucharistie est aussi source de lumière et de motivation pour nos préoccupations concernant l’environnement, et elle nous invite à être gardiens de toute la création. »
[1] . Saint Jean-Paul II, Lettre encyclique Ecclesia de Eucharistia, 17/04/2003, 8, https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_20030417_eccl-de-euch.html.
[2] . Benoît XVI, Homélie à l’occasion de la Messe du Corpus Domini, 15/06/2006, https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/homilies/2006/documents/hf_ben-xvi_hom_20060615_corpus-christi.html.
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