Chronique KTO radio du mercredi 01 juillet 2026
Le 15 mai 2026, le pape Léon XIV a fait don à son Eglise de sa première encyclique qui se situe dans le registre de la doctrine sociale de l’Eglise : Magnifica Humanitas. Ce registre ayant été profondément marqué par le paradigme de l’écologie intégrale, on peut légitimement se poser la question de savoir si cette encyclique se situe dans le sillage de la proposition de François. Il y a deux manières de répondre à la question. Premièrement, si on estime que l’écologie intégrale est une subdivision de la doctrine sociale de l’Eglise alors oui, on peut être très satisfait, ne serait-ce que parce que les principaux grands textes posant les principes de l’écologie intégrale sont cités en abondance : Laudato si’, Fratelli Tutti, et même Laudate Deum. On peut rajouter Envangelii Gaudium de 2014. Léon XIV assume l’héritage de son prédécesseur. Il situe le cas de l’intelligence artificielle comme étant une problématique d’écologie intégrale concernant les quatre relations fondamentales. Il associe dans cette problématique la réponse à la clameur de la terre et la clameur des pauvres. Il voit aussi que la paix est fragilisée par un mésusage de ces nouvelles technologies. Mais si l’on estime que l’écologie intégrale est un paradigme qui vient reconfigurer la doctrine sociale de l’Eglise dans toutes ses dimensions, alors… on reste un peu sur sa faim. Et on peut en fait regretter que Léon n’aille pas jusqu’au bout de la démarche. La démarche étant, critiquer le paradigme technocratique, et proposer un nouveau paradigme susceptible de remplacer l’ancien. C’est avec pertinence que Léon accomplit le premier volet avec les outils donnés par l’écologie intégrale, cela pourrait se résumer avec cette phrase du paragraphe 15 de l’encyclique : « À l’ère de l’intelligence artificielle […], nous avons le devoir urgent de rester profondément humains, en préservant avec amour cette magnifique humanité […] qu’aucune machine ne pourra jamais remplacer dans sa splendeur. ». Mais pour permettre un usage ordonné de ces nouvelles technologies il a recours, avec grande perspicacité, aux principes de la doctrine sociale de l’Eglise. Mais il le fait comme si l’écologie intégrale n’était pas venue pour les revisiter et les reconfigurer, notamment à partir du grand apport de François sur l’être relié. Dans un monde ou tout est lié, comment le mode de pensé écologique peut-il répondre aux enjeux de l’IA ? Cela reste encore à définir.
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