*Chronique d’écologie intégrale – 27 Août 2026 – Mémoire obligatoire de Sainte Monique

*Chronique d’écologie intégrale – 27 Août 2026 – Mémoire obligatoire de Sainte Monique

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Chronique d’écologie intégrale du 27 août 2026, Mémoire obligatoire de Sainte Monique

Sainte Monique, fêtée le 28 août est la maman de S. Augustin. Elle est née à Thagaste en Numidie vers 322 dans une famille berbère. A cette époque le Maghreb appartenait à l’empire romain. On sait de S. Monique qu’elle était chrétienne et qu’elle épousa encore adolescente, un païen du nom de Patricius avec qui elle a eu trois enfants. Par sa prière patiente elle obtint la conversion de son mari, un an avant son décès, puis celle de son célèbre fils que nous fêtons le lendemain. Alors que ce dernier était parti faire ses études, elle le rejoint à Milan pour découvrir sa conversion au Christ. Sa plus grande joie est même d’avoir pu assister au baptême d’Augustin le jour de Pâques 387. Elle est morte à Ostie près de Rome la même année, alors que mère et fils s’apprêtaient à retourner en Afrique. Après avoir été transférées en 1430, ses reliques sont actuellement vénérées à Rome, sur la place Navone, en la basilique Saint-Augustin. Tout ce que l’on sait d’elle vient des écrits de son fils dans les Confessions. S. Monique est célèbre pour ses larmes à cause du mot de S. Ambroise qui lui déclara, je cite : « le fils de tant de larmes ne saurait être perdu. » Elles lui valurent la conversion de son fils. Ce dernier lui reprocha pourtant de vivre un christianisme intransigeant et étriqué, inapte à répondre à ses problématiques intellectuelles personnelles. Justement, parmi les souffrances de S. Monique on peut compter l’agrégation d’Augustin à la secte des manichéens. La liturgie de la messe du jour a cherché à interpréter cet événement quand elle choisit ce passage de l’évangile de S. Luc, je cite : « Alors le mort se redressa et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère. » (Lc 7, 15) Dans son incroyance, Augustin était comme mort au Christ, et pour sa mère également. La conversion d’Augustin est donc une véritable action du Christ lui-même en faveur de S. Monique : il lui rend son fils. Beaucoup se sont étonné de ce que S. Monique n’ait pas fait baptiser son fils à la naissance. Probablement que son mari était défavorable. On rapporte souvent qu’à l’époque, les personnes attendaient un âge avancé pour se faire baptiser, parfois sur leur lit de mort. Il y avait un enjeu moral à ce choix et cela ne tenait pas qu’à la volonté des catéchumènes. En effet, on avait déjà conscience que recevoir le baptême tôt pouvait assurer du salut éternel en cas de décès prématuré. Mais qu’en était-il des personnes qui apostasiaient ? Non seulement la peine infernale était assurée, mais en plus, le déshonneur pouvait aussi tomber sur la famille chrétienne. Mieux valait attendre la fin de la fougue de la jeunesse en ce qui concerne les ardeurs de la chair, et pour les membres plus élevés de la société, la fin des études classiques qui apportaient un risque supplémentaire de détourner les jeunes de la foi. En effet, la confrontation avec la culture littéraire païenne pouvait subvertir les jeunes chrétiens. Tout cela s’est effectivement réalisé en la personne de S. Augustin ! On peut donc dire que S. Monique a fait le bon choix, du point de vue de la mentalité de son époque de ne pas faire baptiser ses enfants dès leur jeune âge. Avec S. Augustin nous découvrons la dimension mystique de la vie spirituelle de sa maman. Il rapporte en effet dans les Confessions que son décès eut lieu cinq jours après avoir vécu l’expérience suivante, je cite : « Assis devant une fenêtre et regardant la mer, ils parvinrent à leurs âmes, les dépassèrent, atteignant la région d’inépuisables délices ou la vie se confond avec la Sagesse incréée, et ils y touchèrent un instant[1]. » Je trouve que nous avons ici un résumé de ce que peut signifier l’expérience mystique : faire l’expérience du Tout-Autre en soi, sans le confondre avec soi. Cette vérité est fondamentale pour la vie spirituelle contemporaine qui, pour la plupart du temps, a lieu en dehors des églises institutionnalisées. Et du point de vue de l’écologie intégrale, cela nous aide à réajuster et la relation à soi et la relation à Dieu. En effet, jamais la gnose n’a été si populaire à notre époque. J’appelle ici gnose, le fait de croire ou de savoir que le salut réside dans la découverte que le soi profond, notre âme, est de nature divine. Les marchands de spiritualité nous proposent des tas de techniques afin d’opérer cette découverte, notamment par celles de méditation qui sont avant tout l’exploration de l’intériorité. Or justement, l’expérience de S. Monique ici rapportée nous aide à discerner : oui la descente en soi permet de rencontrer son âme. Mais ce n’est pas la fin du trajet. Au-delà de son âme on peut alors rencontrer celui qui est inscrit en soi de manière encore plus intime. Au fond de soi, ce n’est pas moi-même qui suis divin, mais Dieu lui-même, le Tout-Autre qui réside au cœur du plus intime de moi-même, mon âme. Le Ps 130 utilisé pour la messe du propre se la sainte, utilise une image que je trouve très belle pour nous faire comprendre cette relation entre l’âme et Dieu au fond de soi-même : « Mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère. » Ps 130, 2. Et oui, le Psaume utilise ici une métaphore féminine pour parler de Dieu contre lequel se blottit l’âme, au plus profond de moi.

[1] . Saint Augustin, Les Confessions, Livre IX.

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