*Chronique d’écologie intégrale* – 22 Juillet 2026 – Fête de Sainte Marie-Madeleine

*Chronique d’écologie intégrale* – 22 Juillet 2026 – Fête de Sainte Marie-Madeleine

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Chronique d’écologie intégrale – mercredi 22 Juillet 2026, Fête de Sainte Marie-Madeleine

Sainte Marie-Madeleine fêtée le 22 juillet est un sujet délicat à traiter et on peut vite déraper en propageant des erreurs regrettables. Je note pour commencer que c’est la seule femme en dehors de la Bienheureuse Vierge Marie à être privilégiée d’une fête dans le calendrier liturgique romain universel. Tous les autres bénéficiaires d’une célébration de ce rang sont des hommes : les apôtres, les évangélistes, les grands saints du Nouveau Testaments, comme S. Joseph et S. Jean-Baptiste. L’identification de S. Marie-Madeleine demeure un casse-tête historique et biblique. En effet, en ce jour, suite à la décision de S. Grégoire le Grand, l’Eglise catholique fête un personnage unique que les textes évangéliques et les églises d’Orient distinguent en trois figures différentes. D’abord, il s’agit de la pécheresse qui arrose les pieds de Jésus de larmes et de parfum lors du repas chez Simon en S. Luc (7, 36-50). Dans un deuxième temps, on pense à Marie de Béthanie, la sœur de Lazare (Lc 10, Jn 11, Mt 26), celle qui a la meilleure part et qui ne saurait lui être enlevée ! Il s’agit enfin d’une femme nommée Marie de Magdala faisant partie de la suite de Jésus pour le service de sa mission (Lc 8). Elle fut libérée par Jésus de différents démons. Elle est présente au calvaire lors de la crucifixion (Jn 19) et elle fait partie des femmes qui apportèrent les aromates pour embaumer Jésus au tombeau (Jn 20). Elle est donc celle qui apporta la nouvelle aux apôtres, celle que l’on surnomme « l’apôtre des apôtres » et qui pourrait bien justifier qu’on consacre un jour de fête à une telle sainte. Pour les orientaux S. Marie-Madeleine serait morte à Ephèse. Pour les occidentaux, elle aurait fini sa vie en Provence et son corps serait enseveli en la Basilique de Notre Dame de Vézelay depuis le xiie siècle. Mais le point commun de toutes ces figures rassemblées en une, c’est l’amour et la foi qu’elles ont témoignés envers la personne de leur sauveur et Seigneur. C’est cet amour qui a par exemple poussé Marie-Madeine au tombeau très tôt un dimanche matin pour finir les rites funéraires inaccomplis le vendredi soir après la crucifixion. C’est d’abord une sainte qui nous parle de l’intensité de la relation à Dieu dans le tétraèdre de l’écologie intégrale. Cette intensité est rendue dans le premier choix de première lecture tirée du Cantique des Cantiques. « Sur mon lit, la nuit, j’ai cherché celui que mon âme désire ; je l’ai cherché ; je ne l’ai pas trouvé. Oui, je me lèverai, je tournerai dans la ville, par les rues et les places : je chercherai celui que mon âme désire ». (Ct 3, 1-2) La relation personnelle avec Dieu se conjugue selon la modalité du désir ! Le Psaume précise que ce désir est comparable à une soif intense, de celle que l’on peut éprouver dans un désert : « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube : mon âme a soif de toi, terre aride altérée sans eau » (Ps 62, 2). On est certainement très proche du désir amoureux appliqué à Dieu. Telle est en tout cas l’orientation prise par la première lecture. C’est donc une passion naturelle profondément humaine qui est ici utilisée, sublimée et sanctifiée pour nous donner un modèle de ce que signifie aimer Dieu. Dieu ne veut pas qu’on l’aime d’un amour surnaturel, mais avec nos facultés propres. Bien sûr il peut venir les habiter les convertir, mais jamais les renier ou les annuler. De même que Dieu nous aime avec des entrailles de mère, de même on peut aimer Dieu avec toutes ses tripes et de rajouter avec S. Augustin commentant le Cantique : « la mesure d’aimer Dieu c’est d’aimer sans mesure ». Mais bon, ce n’est forcément facile pour tout le monde ; et tout le monde n’a pas le même charisme dans la capacité à aimer. Il faut aussi accepter ses limites sans culpabiliser. Quelle que soit la forme d’amour dont nous sommes capables, sa preuve réside dans les actes que nous posons envers ceux que nous aimons, Dieu inclusivement. Un deuxième point me frappe particulièrement dans l’évangile du jour dans lequel on voit jésus envoyer Marie-Madeleine en apôtre des apôtres. Notre sainte ne reconnaît pas Jésus au jour de sa résurrection… Elle le confond avec le jardinier. On peut alors imaginer qu’il en avait les attributs. On trouve des œuvres d’art décrivant cette scène avec un Jésus portant tablier, chapeau de paille et piochon. Le sens de cela nous est donné par le théologien dominicain Christophe Boureux à qui je cède la parole dans Dieu aussi est jardinier :

Dans l’évangile de saint Jean, Jésus apparaît à Marie Madeleine qui le prend alors pour le jardinier. Ce jardin de la résurrection, le matin de Pâques, est figure biblique de la rencontre de l’humain avec Dieu. Il ne s’agit pas d’un simple détail pittoresque, mais d’une révélation profonde : le Christ ressuscité se manifeste comme celui qui cultive la vie, qui prend soin de la création et qui invite l’humanité à entrer dans une alliance renouvelée avec la terre et avec le vivant. Le jardin devient ainsi le lieu où se déploie une écologie accomplie, où chaque créature est appelée à donner le meilleur d’elle-même[1].

Le jardin de la résurrection habité ce matin là par son divin jardinier est celui qui préfigure la création nouvelle, dans laquelle tous les ressuscités seront avec le Christ des créatures nouvelles car comme nous le dit S. Paul dans le deuxième choix de première lecture de la messe du jour : « Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. » (2 Co 5, 14-17) Ce matin-là, S. Marie Madeleine en a été le témoin privilégié

[1] Christophe Boureux, Dieu est aussi jardinier. La Création, une écologie accomplie, Paris, Cerf, 2014, p. 120-125.

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