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Chronique d’écologie intégrale du 20 janvier 2026, Mémoire facultative de Saint Fabien, pape et martyr
Saint Fabien, mon saint patron, est fêté le 20 janvier, en même temps que S. Sébastien. S. Fabien fut pape et martyr pendant la persécution de Dèce en 250, ce dernier voulait forcer les chrétiens à entrer dans le rang car il estimait que les malheurs de Rome leur étaient dû. Elu en 236, S. Fabien occupa le siège de S. Pierre pendant quatorze ans. Il est le seul à avoir porté ce prénom. Alors simple laïc il succéda au pape S. Antère dont le pontificat n’a duré que quarante jours. Lors d’une élection longue et houleuse, une colombe se serait posée sur sa tête et devant ce signe la foule aurait déclaré : « il est digne ! » Alors Ok, en 236 devenir pape c’était prendre le risque de se mettre en première ligne pour se faire martyriser. Du coup les candidats au pontificat ne se bousculaient pas au portillon. Et il fallut bien une intervention divine pour dénouer un processus d’élection public qui traînait en longueur. La colombe représente également l’Esprit-Saint auquel S. Fabien était docile et duquel il reçut une grâce spéciale pour l’exercice de son ministère. Cette période fut paisible et permit l’organisation de l’Eglise ainsi que le développement de la mission que l’évêque de Rome prit soin de superviser avec compétence. L’empereur Philippe était en effet un général en provenance d’Arabie, Fabien était un aristocrate romain sur lequel l’empereur pouvait s’appuyer comme conseiller. C’est un contexte favorable qui donne au pape une nouvelle latitude pour développer l’Eglise de Rome. Il a souci de l’évangélisation des Gaules et ordonne sept évêques missionnaires dont S. Gatien, S. Martial, S. Austremoine en Auverne, S. Saturnin à Toulouse, S. Trophime à Arles et S. Denis à Paris. Il est réputé avoir créé un collège de sept diacres chargés chacun d’un secteur de Rome, ou diaconie pour réunir les documents concernant les martyrs et pour distribuer les aumônes. Il imposa également aux fidèles de communier au moins aux trois fêtes principales de l’année. Il participe aux controverses théologiques de son époque liées aux thèses erronées d’Origène sur la préexistence des âmes, la nature des corps glorieux, la subordination du Fils au Père dans la Trinité, et la question de l’apocatastase, à savoir le fait que l’enfer n’existe pas. Son travail apostolique fut reconnu par S. Cyprien alors évêque de Carthage. La dépouille du saint pape et martyr, se trouve dans la crypte des Papes de la catacombe de Saint-Calixte, à Rome. La relique de sa tête a fait le tour de Rome ainsi offerte à la vénération, pour aboutir dans un reliquaire derrière l’autel d’une de la basilique Saint-Sébastien, sur la Voie Apienne. A l’époque les artistocrates de l’empire étaient déjà bien formés et avaient une expérience de l’administration. Nous sommes à une époque où il est courant que les évêques soient issus des familles patriciennes de l’empire. Mais retenons qu’un laïc pouvait devenir pape par acclamation. L’élection de l’évêque de Rome n’était pas un conclave de cardinaux mais une sorte d’Assemblée générale des chrétiens de Rome, en plénière donc. Ça c’est de la synodalité et de la liberté par rapport à l’esprit clérical ! quelque chose qui pourrait nous inspirer à plus d’un titre pour l’organisation de l’Eglise en pleine recherche de synodalité, et sur la place des laïcs dans l’Eglise. Pour moi, la synodalité, c’est l’écologie intégrale appliquée à la vie de l’Eglise. Alors bien sûr je ne vais pas tomber dans l’anachronisme car l’Eglise a pratiqué la synodalité bien avant que le pape François ne formule l’écologie intégrale, mais comme pour tout le reste l’écologie intégrale est le paradigme nouveau dans lequel la synodalité trouve un souffle nouveau. Si cette démarche est basée sur le dialogue, le respect de la représentation des différentes composantes des communautés, sur un travail de type démocratique et collégial, alors les principes de l’écologie intégrale y trouvent une application immédiate comme notamment : « l’unité prévaut sur le conflit ». Le point de départ de l’écologie intégrale est au cœur du processus synodale par la reconnaissance de l’interdépendance essentielle des membres de l’Eglise qui sont en relation et qui existent du fait de ces relations. La théologie des peuples fonde le caractère sacré de la diversité des identités multiples des composants de l’Eglise. La fraternité cosmique comme moyen et comme fin de l’écologie intégrale oriente et identifie la nature des relations entre membres du synode, et la finalité de la fraternité, qui est la sublime communion universelle, indique l’objectif à atteindre par le synode. Le souci des pauvres indique aussi la place prioritaire des plus petits dans les débats synodaux, ce qui inclut nécessairement… la planète. Le fait de repenser le ministère pastoral à la lumière de l’écologie intégrale permet enfin de réévaluer la place des ministres ordonnés comme facilitateur de mise en œuvre de l’écologie intégrale afin de permettre aux baptisés de vivre leur vocation de prêtre, prophètes et roi d’après les principes de l’écologie intégrale, mais cela est l’objet d’autres chroniques. Tout est lié.
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