*Chronique d’écologie intégrale – 20 Août 2026 – Mémoire obligatoire de Saint Bernard, abbé et docteur de l’Eglise

*Chronique d’écologie intégrale – 20 Août 2026 – Mémoire obligatoire de Saint Bernard, abbé et docteur de l’Eglise

Retrouvez cette chronique sur :
Radio Espérance

Chronique d’écologie intégrale du 20 août 2026, Mémoire obligatoire de Saint Bernard, abbé et docteur de l’Eglise

S. Bernard de Clervaux est fêté le 20 août. Né à Fontaine-Lès-Dijon en 1090 de la Bse Aleth, il fréquenta l’école de Saint-Vorles à Châtillon. Il entra en 1112, à vingt-deux ans, à l’abbaye de Cîteaux et pas tout seul. Ils ont fait cela en groupe, avec vingt-cinq copains, quatre de ses frangins et un tonton. Tous dans ce groupe était d’origine noble et formés au combat chevaleresque ainsi qu’à l’amour courtois. Il vécut la réforme de l’ordre des bénédictins de manière intense et fut marqué par un excès de mortifications dont les conséquences furent un grand épuisement qui ne le quitta jamais. Trois ans seulement après son entrée, voici qu’il fonde l’abbaye de Clervaux dans l’Aube, monastère qui connut très rapidement un vif succès, avec sept-cents moines et fonda à son tour soixante-huit dépendances. Il est connu pour avoir été l’adversaire d’Abelard en théologie, représentant ainsi l’ancien monde de la théologie, celui de l’approche spirituelle et mystique, là ou Abélard introduisit le rationalisme et la venue du monde moderne. Il s’engagea contre le Catharisme en Languedoc ; il donna une règle à l’ordre du Temple après le concile de Troyes en 1128 ; il prêcha la seconde croisade à Vézelay en 1146 ; il confirma et conseilla S. Hildegarde de Bingen en ses visions. Il défendit le pape contre l’empereur et devint l’arbitre de nombreux conflits, tant spirituels que temporels. Il refusa la cathèdre de Reims en 1139 par humilité. Bien qu’épris de solitude, c’est par amour pour les hommes qu’il a exercé son influence sur la structuration de l’Europe chrétienne de manière décisive au xiie siècle, en particulier par le développement du monachisme cistercien et son architecture si spécifique. Il fut l’auteur d’une œuvre considérable en particulier du Traité de l’Amour de Dieu, et de commentaires des Ecritures dans ses nombreux sermons. Ses plus célèbres sont ceux en l’honneurs de la Vierge Marie écrits entre 1120 et 1125 ce qui lui valut le titre de « docteur marial ». Mais le sommet de son œuvre littéraire fut ses sermons sur le Cantique des Cantiques écrits à la fin de sa vie. On recense enfin une correspondance de plus de cinq cents lettres ! On retient de lui cet adage extraordinaire de la vie spirituelle : « La raison d’aimer Dieu c’est Dieu même ; la mesure d’aimer Dieu c’est de l’aimer sans mesure[1] ». Il mourut de fatigue en 1153 à Clairvaux et fut canonisé vingt ans plus tard par Alexandre III et proclamé docteur de l’Eglise en 1830 par Pie VIII. Ce champion de la chrétienté médiévale a aussi eu un rapport intéressant avec la création. Jean Bastaire note que pour lui, je cite : « les biens visibles renvoient aux biens invisibles[2]. » Sur ce point S. Bernard aura une influence importante sur S. Jean de la Croix. Le saint cistercien écrit en effet, je cite : « L’être des choses met en relief une puissance inouïe, tellement sont nombreuses et grandes les créatures et tellement la création est diverse et admirable. Quant à la manière dont elle est constituée, elle reflète une sagesse exceptionnelle[3]. » S. Bernard est un théologien bien de son époque, ouvert au livre de la nature : la sagesse de Dieu est perceptible dans l’ordre de la création, ce que le pape François reprend dans son enseignement dans Laudato si’ (LS 69). Bien qu’il tienne une posture paradoxale sur l’absence de devenir des animaux après la mort, voilà pourtant que S. Bernard promeut la glorification de la création et surtout de toutes les créatures, je cite : « Un jour viendra pourtant, écrit-il, où le ciel se refermera comme un livre parce que personne n’aura plus besoin de le lire. A l’exemple des créatures du ciel, celles de la terre verront Dieu face à face[4]. » Au jour de la venue du Seigneur dans la gloire, les créatures continueront de refléter leur Créateur d’une manière toute renouvelée, je cite encore : « La manière dont on verra Dieu dans ses créatures, nous pouvons tant soit peu la comprendre, puisqu’il se montre déjà en elles. Mais quels que soient les progrès accomplis par quelqu’un en vue de percevoir avec quelle extrême puissance, quelle extrême sagesse, quelle extrême bonté la Gloire éternelle crée tout, il n’en saisit qu’une très petite part à partir de ce qu’il est[5]. » La joie du Seigneur au paradis est de s’unir avec l’ensemble de ses créatures, je le cite une dernière fois : « Nous rejoindrons Dieu en toutes ses créatures, de manière à nous réjouir en elles toutes, ce qui constitue proprement la joie du Seigneur[6]. » On se réjouit que ce chantre de l’amour de Dieu soit aussi celui de l’amour divin pour la création.

[1] . Œuvres Mystiques de Saint Bernard. Traité de l’Amour de Dieu, Trad. Albert Béguin, Paris, Seuil, 1953.

[2] . Hélène et Jean Bastaire, Le Chant des Créatures, Paris, Cerf, 1996, p. 46.

[3] . Bernard de Clervaux, « Troisième sermon pour la Pentecôte », in Sermons pour l’année, trad. Pierre-Yves Emery, Paris, Brepols, Les Presses de Taizé, 1990, p. 567-568.

[4] . Bernard de Clervaux, « Neuvième sermon », in Sermons divers, t. 1, trad. Pierre-Yves Emery, Paris, DDB, 1982, p. 107-108.

[5] . Bernard de Clervaux, « Quatrième sermon pour la Toussaint », in Sermons pour l’année, op. cit., p. 794.

[6] . Id.

Un Commentaire

Ajouter un Commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *