*Chronique d’écologie intégrale – 14 Juillet 2026 – Mémoire facultative de Sainte Camille de Lellis

*Chronique d’écologie intégrale – 14 Juillet 2026 – Mémoire facultative de Sainte Camille de Lellis

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Chronique d’écologie intégrale du 14 juillet 2026, Mémoire facultative de Sainte Camille de Lellis

La mémoire de S. Camille de Lellis est en France souvent occultée par une fête un peu plus laïque, le 14 juillet. Mais c’est un saint important de la relation à l’autre que nous devrions fêter car il est le saint patron des infirmiers et des infirmières qui nous tiennent tant à cœur ! Spéciale dédicaces, à mon épouse. Né en 1550 à Bucchiano au royaume de Naples dans une famille d’aristocrates dédiés au métier des armes, du haut de ses deux mètres, il suivit une carrière militaire en participant notamment à la bataille de Lépante en 1571. Mais il fut chassé de l’armée pour inconduite suite à ses trop grandes pertes au jeu, notamment perte de ses armes. Il vagabonda plusieurs années et fut recueilli à vingt-cinq ans par des capucins. Il devient infirmier à l’hôpital S. Jacques des incurables à Rome où il vécut une expérience intense de conversion au contact de la misère humaine. Sa vocation serait alors de prendre soin des malades comme Jésus lui-même. Pour cela il fonda un institut religieux : les Serviteurs des infirmes, aussi appelé « Frères du bien mourir », et connus sous le simple de nom de Camilliens ». Ils avaient en effet un souci particulier de la préparation des malades au grand passage à une époque où on ne guérissait pas souvent de ses affections. Lui-même atteint de plusieurs maladies chroniques S. Camille mourut épuisé à Rome en 1614. Canonisé en 1746 par Benoît XIV, il est déclaré patron céleste des hôpitaux et des malades en 1886 avec S. Jean de Dieu, et il est proclamé patron céleste des soignants en 1929 par Pie XI. On le présente encore comme « initiateur de la bienfaisance publique moderne. Il enseigne à ses frères que les malades sont leurs seigneurs et maitres. On retient de lui cette déclaration : « La musique que je préfère, c’est celle que font les pauvres malades lorsque l’un demande qu’on refasse son lit, ou qu’on lui réchauffe les pieds. Suave musique que celle-là ! C’est elle qui doit, par-dessus tout, réjouir les oreilles du vrai serviteur des malades. Quelles belles Indes et quel beau Japon que les hôpitaux, pour qui veut convertir les âmes[1]. » Le soin du malade est une vraie mission chrétienne car dans celui qui souffre on reconnaît par excellence celui qui a souffert sur la croix, le paradigme de toute souffrance, celui qui assume en lui la totalité des situations de souffrance dans le monde et son histoire, le Christ en sa passion. C’est le 14 juillet 2020 que le pape François a fait paraître le texte de la Congrégation pour la doctrine de la foi : « Le Bon samaritain » au sujet des soins palliatifs. Un principe fondamental organise ce document : l’« éthique du prendre soin », qui rappelle que : « quand guérir est impossible, soigner l’est toujours », cela implique donc que « Quand il n’y a plus rien à faire, il y a encore beaucoup à faire[2] ». Ce texte témoigne de la gratuité de l’amour qui se donne indépendamment de la recherche d’efficacité. Rappelons-nous qu’à l’époque de S. Camille, on mourrait plus des maladies que l’on en guérissait et en plus, cela ne durait pas très longtemps. L’enjeu du soin n’était pas tant la guérison, que la prise en charge charitable des mourants. Cela revient en partie à l’esprit des soins palliatifs : accompagner les personnes dans les derniers instants de leur vie avec humanité dans l’idée que la vie vaut le coup d’être vécue jusqu’à son terme naturel. La prise en charge gratuite des personnes en fin de vie, que ce soit au xviie siècle ou aujourd’hui est donc un enjeu d’écologie humaine. L’éthique du prendre soin dont parle le pape François, traduit l’éthique du « care », en anglais qui nous vient des Etats Unis et qui a justement été développé dans un contexte de prise en charge médicale. C’est une approche qui insiste beaucoup sur la ou les relations établies entre un soignant et un patient, en prenant en compte les dimensions subjectives, des émotions et des ressentis comme éléments structurant de la relation d’aide. Dans la perspective de l’écologie intégrale qui considère que la planète est un pauvre auquel s’applique le commandement à l’amour donnée par le Christ, cette éthique du soin prend également tout son sens. La crise écologique peut être présentée par analogie comme une maladie affectant la planète, « notre sœur mère la terre ». D’ailleurs, il est intéressant de relever que ce qu’on appelle en français la « sauvegarde de la création » est en fait un choix malheureux de traduction, justement, de l’expression « care for creation ». On devrait donc dire « soin de la création ». On voit ainsi que l’éthique du care, l’éthique du soin promue par le pape François pour les soins palliatifs, s’applique tout particulièrement dans le registre de l’écologie, pour prendre soin de la maison commune qui nous est confiée et ainsi renouveler notre manière d’être en relation avec elle.

[1] Citation dans Guy de Bellang, De la fureur du jeu… aux folies de l’amour, Paris Tequi,

[2] Congrégation Pour La Doctrine De La Foi, « Lettre Samaritanus Bonus sur le soin des personnes en phases critiques et terminales de la vie », 14/07/2020, https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20200714_samaritanus-bonus_fr.html.

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