*Chronique d’écologie intégrale – 13 Septembre 2026 – Mémoire obligatoire de Saint Jean Chrysostome, évêque, docteur de l’Église

*Chronique d’écologie intégrale – 13 Septembre 2026 – Mémoire obligatoire de Saint Jean Chrysostome, évêque, docteur de l’Église

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Chronique d’écologie intégrale du 13 septembre 2026, Mémoire obligatoire de Saint Jean Chrysostome, évêque, docteur de l’Église

C’est le 13 septembre que l’Eglise célèbre S. Jean Chrysostome, un des pères et docteur de l’Eglise les plus important du quatrième siècle. Son nom signifie « bouche d’or » ce qui en dit long sur ses compétences de prédicateur. Il est né à Antioche entre 344 et 354 dans une famille aristocratique de père militaire, mort prématurément et de mère très pieuse. Il eut la chance de recevoir l’éducation des élites de son époque, en particulier en rhétorique où il put développer ses dons d’éloquence. Il reçoit le baptême à Pâques 368. Tenté par diverses carrières prestigieuses, il décide de se retirer à trente ans dans le désert. Il revient en ville au bout de deux ans à cause de sa santé précaire. Il devient diacre vers 381 et prêtre en 386. C’est à ce moment qu’il commence sa prédication et ce pendant douze ans à Antioche puis pendant six ans à Constantinople en 397, s’attirant les foules et se forgeant ainsi une grande réputation dans tout l’Orient chrétien. C’est là qu’il devint archevêque de la capitale de l’empire d’Orient. Son franc parler lui valut l’animosité des plus grands dans une ville aux mœurs corrompues, quoique très pieuse, du simple citoyen au plus grand prince, sans parler des moines et des ecclésiastiques… Il dut partir en exil en Arménie, condamnée par l’impératrice Eudoxie avec laquelle il eut des relations très tendues. Il y mourut d’épuisement en 407, en cours de transfert. L’histoire nous a laissé un héritage littéraire important : un traité sur la vie des prêtres, quatre-vingt-dix homélies sur l’évangile selon S. Matthieu, quatre-vingt-huit sur celui de S. Jean et sept pour S. Luc, enfin, une correspondance importante écrite en condition d’exil. On a même retrouvé huit catéchèses baptismales de sa plume au Mont Atos en 1955. Son œuvre est plus pastorale que théologique, si on la compare à celle de S. Augustin. Sa dépouille est ramenée solennellement à Constantinople en 1438 seulement, pas très longtemps avant la prise de la ville par les Turcs. S. Jean Chrysostome a eu le soin de la liturgie dans sa cathédrale en particulier pour le bien des pauvres. Cela peut apparaître comme un paradoxe mais « il ajoute un éclat incomparable à la liturgie byzantine car pour lui l’église n’est pas seulement la maison de Dieu, elle est la maison des pauvres qui doivent y trouver la splendeur, que d’autres trouvent chez les puissants[1]. » et j’ajoute, alors que lui-même vivait dans un dénuement extrême et librement choisi. Cette affirmation de Pierre Pierrard dans son dictionnaire des saints à de quoi déstabiliser… Ce n’est absolument pas à la mode de penser cela aujourd’hui. Non, les chrétiens ont plutôt tendance à tout simplifier et à tout appauvrir pour justement se mettre à la portée des plus pauvres. « Une Eglise pauvre pour les pauvres » – a-t-on coutume de dire, et c’est juste dans le contexte qui est le nôtre. On peut dire que notre saint archevêque a eu un sens tout à fait singulier de la destination universelle des biens. On pourrait se demander pourquoi il n’a pas plutôt eu l’idée de distribuer les biens de l’Eglise directement aux intéressés, dans un souci de justice sociale. Autre temps autre mœurs, mais je note que l’intention du pasteur était bien de prendre soin des pauvres, qui s’y retrouvaient en termes de reconnaissance sociale, par la valorisation de la richesse des églises et la splendeur de la liturgie. On peut ensuite interroger le rapport au monde que pouvait entretenir ce saint pasteur, à partir de sa dernière homélie avant de partir en exil en 401. S. Jean Chrysostome exhorte ses fidèle à ne pas craindre la séparation car, ils restent unis dans le Christ. Je cite : « Pour moi, vivre, c’est le Christ, et mourir est un avantage. L’exil ? La terre appartient au Seigneur, avec tout ce qui la remplit. La confiscation des biens ? De même que nous n’avons rien apporté dans ce monde, nous ne pourrons rien emporter. Les menaces du monde, je les méprise ; ses faveurs, je m’en moque. Je ne crains pas la pauvreté, je ne désire pas la richesse ; je ne crains pas la mort, je ne désire pas vivre, sinon pour vous faire progresser[2]. » On a l’impression de lire du S. Ignace de Loyola, pendant la retraite des exercices. En effet, l’archevêque byzantin nous donne une leçon de détachement. Il ne s’agit pas ici de mépriser le bien du monde, mais de préférer le Christ par-dessus tout. Comment mépriser la terre en rappelant qu’elle appartient au Créateur ? Ce passage aurait pu être une source du pape François dans Laudato si’alors qu’il y rappelle ce point fondamental de la bonne nouvelle de la création. Le détachement de S. Jean Chrysostome par rapport aux biens matériels, montre que l’essentiel de la vie humaine n’est pas là, mais il ne fait pas de la pauvreté un absolu non-plus ! Nous avons aussi une leçon de pratique de la vertu de tempérance, qui devrait nous amener à la mise en œuvre d’une vie sobre.

[1] . Pierre Pierrard, Dictionnaire des prénoms et des saints, Paris, Larousse, 1988², p. 118.

[2] . Homélie de S. Jean Chrysostome avant son départ en exil (401).

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