*Chronique d’écologie intégrale – 13 Février 2026 – Mémoire facultative des petits bergers de Fatima

*Chronique d’écologie intégrale – 13 Février 2026 – Mémoire facultative des petits bergers de Fatima

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Chronique d’écologie intégrale du 13 février 2026, Mémoire facultative des petits bergers de Fatima

Le 13 et le 20 février l’Eglise fait mémoire des petits Bergers de Fatima. La Bse Lucie dos Santos, née le 22 mars 1907 à Aljustrel (Fatima, Portugal), est la plus âgée des trois voyants. Issue d’une famille paysanne pieuse, elle garde les troupeaux avec ses cousins François et Jacinthe Marto. À partir du 13 mai 1917, elle et ses cousins affirment voir la Vierge Marie à six reprises, qui leur confie trois « secrets » et appelle à la prière du rosaire pour la paix et la conversion des pécheurs. Lucie, seule à survivre à l’épidémie de grippe espagnole de 1918, entre en 1921 au couvent des Sœurs Dorothées de Tuy (Espagne), puis rejoint en 1948 les Carmélites de Coïmbre sous le nom de Sœur Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé. Elle consacre sa vie à la prière, à l’écriture de ses mémoires (publiés en 1935 et 1941), et à la diffusion du message de Fatima. Elle rencontre plusieurs papes, dont Jean-Paul II, qui la consulte sur l’interprétation du troisième secret. Décédée le 13 février 2005 à Coïmbre, elle est béatifiée en 2023. Lucie incarne la fidélité à une mission spirituelle marquée par l’humilité et la persévérance. François Marto, est né le 11 juin 1908 à Aljustrel. D’un tempérament contemplatif et sensible, il est profondément marqué par les apparitions mariales, qu’il perçoit comme un appel à « consoler Dieu », notamment par la prière réparatrice. Atteint par la grippe espagnole en octobre 1918, il souffre avec patience, refusant de se plaindre et offrant ses souffrances pour la conversion des pécheurs, comme la Vierge le lui avait demandé. Il meurt le 4 avril 1919, après avoir reçu la communion des mains du curé d’Aljustrel. Béatifié en 2000 par Jean-Paul II, puis canonisé en 2017 par François, il est fêté le 20 février. François symbolise l’innocence et la générosité d’un enfant offrant sa vie pour le salut du monde. Jacinthe Marto, née le 11 mars 1910, est la sœur de François. Vivace et affectueuse, elle est bouleversée par les visions de l’enfer montrées lors des apparitions, qui renforcent son zèle pour la prière et les sacrifices. Hospitalisée à Lisbonne en 1919 pour une pleurésie, elle y subit une opération douloureuse sans anesthésie, offrant ses souffrances pour le Pape et les pécheurs. Elle meurt seule le 20 février 1920, après avoir prédit sa fin prochaine. Béatifiée en 2000 et canonisée en 2017, elle est fêtée le même jour que son frère. Jacinthe incarne la compassion et le courage face à la souffrance, insistant sur la dimension réparatrice de la prière. Les trois bergers, canonisés et béatifiés comme modèles de sainteté enfantine, rappellent l’importance de la prière, de la pénitence, et de la confiance en la miséricorde divine. Leur message, centré sur la paix et la conversion en temps de guerre, résonne avec les enjeux contemporains de réconciliation entre les peuples et avec la création. La sainteté dont ils ont fait preuve concerne toutes les dimensions de leur vie, pas uniquement le fait de leur relation privilégiée avec la sainte Mère de Dieu. C’est pourquoi les souvenirs de Sœur Lucie nous sont très utiles pour envisager leur relation avec la nature qui constituait leur environnement quotidien. En parlant de Jacinthe, Lucie évoque sa « sensibilité » par rapport à la nature dans laquelle la petite fille aimait à se retrouver. Jacinthe aime particulièrement contempler le ciel étoilé et la lune[1]. Un peu plus loin Lucie rappelle de Jacinthe, en tant que bergère, le goût pour la vie simple dans la nature qui suffisait à la joie de ces enfants. Je cite Lucie : « Une fois ensemble, nous choisissions le pâturage de la journée et nous nous y rendions, aussi heureux et contents que si nous allions à une fête[2] » : être ensemble, vivre dans la nature, et s’occuper des créatures, voilà un programme de sobriété heureuse qui correspond bien à la visée de l’écologie intégrale. D’autant plus que le fait de gagner la docilité des brebis à force de gentillesse[3] inscrit leur relation aux animaux dans des relations fraternelles toute franciscaine. La proximité du petit François avec son saint patron est encore plus flagrante dans la section intitulée « Fioretti de Fatima[4] » des mémoires de Lucie. On le voit ainsi venir au secours de petits oiseaux en leur faisant les mêmes injonctions que celle du Povorello à ne pas se faire reprendre une fois libérés. A l’image d’un saint François qui aimait par-dessus tous les agneaux parce qu’ils renvoient directement au Christ[5], les petits bergers de Fatima adoptaient également le regard de Jésus sur leur troupeau : « c’est pour faire comme Notre Seigneur sur l’image qu’on m’a donnée. Lui aussi est au milieu des brebis, et il en porte une dans ses bras[6] », dit Jacinthe. Sensibilité ? sensiblerie, esprit d’enfance appelé à passer ? Nécessité de l’époque parce qu’ils n’avaient rien d’autre comme perspective ? pour l’époque peut-être …  mais pour aujourd’hui ces postures sont prophétiques.

[1] Sœur Marie Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie, Mémoires de Sœur Lucie, T. 1, Louis Kondor (éd.), Fatima, Editions du sanctuaire de Fatima, 20139p. 40.

[2] Ibid., p. 43.

[3] Ibid., p. 44.

[4] Ibid., p. 163-164.

[5] Saint Bonaventure, Vie de saint François d’Assise, traduction, introduction et notes D. Vorreux, in, Saint François d’Assise, Documents écrits et premières biographies, deuxième édition revue et augmentée, D. Vorreux, T. Desbonnets (éds.), Editions Franciscaines, Paris 1968, Legenda Maior, VIII, 6, p. 636.

[6] Sœur Lucie, Mémoires de Sœur Lucie, T. 1, op. cit., p. 44.

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