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Chronique d’écologie intégrale du 13 août 2026, Mémoire facultative de Saint Hippolyte de Rome, prêtre et martyr
Fêté le 13 août, S. Hippolyte de Rome, né vers 170, est l’une des figures les plus marquantes de l’Église ancienne, à la fois théologien, écrivain prolifique et martyr. Originaire probablement de Rome ou de ses environs, il est d’abord un prêtre et un docteur renommé pour son érudition et sa rigueur. Il est pourtant souvent considéré comme le premier antipape de l’histoire, en raison de son opposition au pape Calixte Ier (217–222), qu’il accuse de laxisme dans la discipline pénitentielle. Malgré ce conflit, S. Hippolyte reste un penseur majeur de la Tradition chrétienne, auteur d’œuvres fondamentales comme la Tradition apostolique (un des plus anciens textes liturgiques) et des commentaires bibliques qui influenceront durablement la théologie. S. Hippolyte est surtout connu pour son œuvre exégétique et dogmatique. Il rédige des traités contre les hérésies (notamment le Contre les hérésies et le Philosophoumena), où il défend la foi apostolique contre les hérétiques gnostiques et les modalistes. Son symbole de foi est l’un des premiers Credo de l’Église, structurant la doctrine trinitaire et christologique. Il insiste sur la création comme œuvre de la Trinité. Face aux gnostiques, il enseigne que le monde est fondamentalement bon car issu de Dieu, et l’humain est appelé à en être le gardien responsable. Un épisode célèbre de sa vie illustre son respect de la tradition : il aurait été exilé en Sardaigne avec le pape Ponatien, avec qui il se réconcilie avant leur martyre commun en 235, sous l’empereur Maximin le Thrace. Selon la traditionlégende, les deux hommes auraient été attachés à un cheval fougueux et traînés jusqu’à la mort. Ce martyre montre comment la fidélité à la vérité et l’unité de l’Église priment sur les divisions. Son culte, d’abord localisé à Rome, s’étend à toute l’Église. Ses reliques sont vénérées comme celles d’un confesseur de la foi. La Liturgie byzantine le commémore comme un père de l’Église, soulignant son rôle dans la transmission de la Tradition. S. Hippolyte est associé à des écrits sur la nature et le cosmos, où il voit un reflet de l’ordre divin. Dans son Commentaire sur le Cantique des Cantiques, il interprète la beauté de la création comme un signe de l’amour de Dieu. Son approche, à la fois littérale et symbolique, influence la théologie de la création des Pères de l’Église. On associe à son autorité, une homélie pascale anonyme du iiie siècle qui développe la dimension cosmique du salut offert en Jésus-Christ. C’est en particulier la croix qui donne lieu à cette réflexion, je cite : « cet arbre, ferme soutien de l’univers, lien de toutes choses, support de toute la terre habitée, entrelacement cosmique, comprenant en soi toute la bigarrure de la nature humaine ; touchant le ciel du sommet de sa tête, affermissant la terre de ses pieds, et dans l’espace intermédiaire embrassant l’atmosphère entière de ses mains incommensurables[1]. » Cela signifie que la croix joue un rôle dans le projet créateur lui-même, puisqu’elle participe de l’organisation de sa structure, et de son plan providentiel, c’est-à-dire de la providence générale qui est le plan d’organisation de la création dans son entier. Le fait que les deux barres de la croix symbolysent l’entrelacement cosmique peut être interprété depuis le refrain de l’encyclique Laudato si’ du pape François : « tout est lié ». Cela signifie que la croix porte en elle la dimension reliée qui caractérise toute la création et son fonctionnement naturel. Mais on peut aussi y lire que toute relation porte en elle la dimension dramatique de la croix : marque d’imperfection, marque de possible échec, marque de souffrance, marque de mort et de dépérissement, tout ce qui caractérise les relations écologiques en fait. Mais la croix est aussi signe de victoire sur toutes les puissances de mort. Ainsi continue cette homélie, je cite : « [le crucifié était] tout entier partout dans toutes choses, et à lui-seul il luttait, nu, contre les puissances de l’air. Quand ce combat cosmique prit fin, le monde entier faillit périr. Mais rendant son divin esprit, le grand Jésus redonna vie et force à toutes choses qui tremblaient et de nouveau l’univers entier devint stable, comme si cette divine extension et ce supplice de la croix avaient pénétré tout[2]. » Jean Bastaire y voit ici une annonce de la guérison finale du cosmos, je cite : « le retour à une harmonie voulue dès l’origine par le Créateur et rétablie par la puissance de la croix, même si les effets de cette victoire demeurent encore cachés[3]. » La création tout entière a tellement de valeur aux yeux de Dieu qu’il lui accorde une destinée eschatologique, apprenons à la respecter
[1] . « Sixième homélie sur la Pâque » ; citée par Henri de Lubac dans Catholicisme, Paris, Cerf, 19474, p. 408.
[2] . Ibid., p. 408-409.
[3] . Hélène et Jean Bastaire, Le chant des créatures, Les chrétiens et l’univers d’Irénée à Claudel, Paris, Cerf, 1996, p. 15.
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