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Chronique d’écologie intégrale – 09 Octobre 2026 – Mémoire facultative de Saint John Henry Newman, prêtre et docteur de l’Eglise
S. John Henry Newman, fêté le 9 octobre, naît à Londres le 21 février 1801, aîné d’une famille anglicane de six enfants. Élève brillant, il entre au Trinity College d’Oxford en 1817. Ordonné prêtre anglican en 1824, il devient vicaire de l’église Sainte-Marie d’Oxford et exerce une influence considérable sur les étudiants de l’université. Une longue maladie en Sicile en 1832-1833 précipite son retour en Angleterre. Inquiet de l’effacement de l’Église d’Angleterre face à l’État et du libéralisme religieux, Newman devient l’âme du Mouvement d’Oxford (ou mouvement tractarien), lancé en 1833. Il publie les Tracts for the Times, courts opuscules défendant la succession apostolique et la continuité avec l’Église primitive. Le Tract 90 (1841), qui tente de montrer que les Trente-neuf Articles anglicans peuvent se lire dans un sens catholique, suscite une tempête : l’autorité épiscopale le désavoue et Newman se retire de la vie anglicane. Après des années de douloureuse recherche, nourries par son étude des Pères de l’Église et résumées dans son Essai sur le développement de la doctrine chrétienne (1845), Newman est reçu dans l’Église catholique le 9 octobre 1845. Ordonné prêtre catholique en 1847, il fonde la même année à Birmingham la première maison anglaise de l’Oratoire de saint Philippe Néri, puis un oratoire à Londres. Son Apologia Pro Vita Sua (1864), autobiographie spirituelle écrite en réponse aux attaques de Charles Kingsley, devient un classique et change l’image du catholicisme en Angleterre. En 1851, Newman est appelé à fonder l’Université catholique d’Irlande à Dublin, expérience dont naît son livre : L’Idée d’université(1852). Un autre, Grammaire de l’assentiment (1870) et sa Lettre au duc de Norfolk (1875) développent sa philosophie de la conscience, « le Principe originaire de la moralité », qui marquera le concile de Vatican II. Créé cardinal par Léon XIII en 1879, il meurt à Birmingham le 11 août 1890. Béatifié par Benoît XVI en 2010 et canonisé par François le 13 octobre 2019, S. John Henry Newman a été proclamé trente-huitième docteur de l’Église par le pape Léon XIV le 1ᵉʳ novembre 2025, et nommé co-patron, avec saint Thomas d’Aquin, des acteurs de l’éducation catholique. Figure maîtresse du dialogue entre foi et raison, tradition et modernité, il demeure l’un des plus grands spirituels de langue anglaise. S. John Henry Newman est intéressant du point de vue de l’écologie intégrale à un titre particulier : celui de la fidélité de l’annonce évangélique à la substance de la foi et de la Révélation. En effet, dans Evangelii Gaudium, le pape François rappelle un des critères fondamentaux de l’annonce missionnaire : « Avec la sainte intention de leur communiquer la vérité sur Dieu et sur l’être humain, en certaines occasions, nous leur donnons un faux dieu ou un idéal humain qui n’est pas vraiment chrétien. De cette façon, nous sommes fidèles à une formulation mais nous ne transmettons pas la substance » (EG 41) La substance de la révélation doit donc être retrouvée malgré les fluctuations de ses expressions, et montre ainsi qu’elle est une réalité dynamique et même organique dans sa capacité à prendre des formes diverses à travers les âges. Or dans son Essai sur le développement de la doctrine chrétienne, Newman fait passer une série de huit tests qui permettent de circonscrire une idée qui se développe vraiment à travers l’histoire de la pensée et même de la vie et de l’organisation politique et sociale humaine. Ce faisant, il cherche à vérifier en quoi la doctrine chrétienne contemporaine est bien toujours la même que celle de l’époque apostolique[1]. Je cite : « Lorsqu’une idée, qu’elle soit réelle ou non, est de nature à intéresser et à posséder l’esprit, on dit qu’elle est vivante. […] Lorsqu’un grand énoncé, vrai ou faux, au sujet de la nature humaine, ou du bien présent, ou du gouvernement, ou du devoir ou de la religion, est portée par une population et attire l’attention, elle n’est pas seulement admise passivement dans cette forme ou dans une autre dans l’esprit des hommes, mais elle devient un principe vivant en eux, les conduisant à une contemplation toujours nouvelle d’elle-même, […] et sa propre propagation[2]. » Au contraire, le principal contre-exemple de ce qu’est une idée vivante est une idée mathématique qui représente la froideur du développement mécaniste et déterministe[3]. Claude Tresmontant, philosophe catholique inspiré par le Cardinal Newman affirme : « l’Eglise de Rome est un fait biologique, l’on veut bien prendre le terme de biologique en son sens analogue et large : un fait de vie, un fait de régulation organique et spirituel[4]». Et probablement qu’un des plus beaux fruits de ce fait de vie qu’est l’Eglise est l’écologie intégrale qui est un développement de pensée chrétienne cherchant à coller à la substance de la Révélation chrétienne dans le dialogue avec les problématiques écologiques contemporaines.
[1] . John Henry Newman, An Essay on the Development of Christian Doctrine, Londres, James Toovey, [1845] 1846², reprint, Kerry, CrossReach Publications, 2018, p. 16.
[2] . Ibid., p. 17.
[3] . Ibid., p. 17.
[4] . Claude Tresmontant, Introduction à la théologie chrétienne, Paris, Seuil, 1974, p. 520.
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