*Chronique d’écologie intégrale – 03 Septembre 2026 – Mémoire obligatoire de Saint Grégoire le Grand

*Chronique d’écologie intégrale – 03 Septembre 2026 – Mémoire obligatoire de Saint Grégoire le Grand

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Chronique d’écologie intégrale du 03 septembre 2026, Mémoire obligatoire de Saint Grégoire le Grand

S. Grégoire 1er, dit : « le Grand », est fêté le 3 septembre. Il est né à Rome en 540 dans une famille patricienne. Il est l’arrière-petit-fils du pape Felix III. Il devient très tôt préfet de la ville de Rome et acquiert ainsi l’expérience de l’administration. Mais il abandonne bien vite cette carrière à trente-cinq ans pour se consacrer au Seigneur dans la vie monastique. Sa demeure romaine devient même une abbaye bénédictine. Il a des possessions en Sicile, il les transforme également en monastère, pas moins de six. Il est envoyé comme diacre pendant six ans par le pape Pélage II auprès du patriarche de Constantinople. Il en profite pour approfondir ses études de théologie. Il est élu pape le 3 septembre 590 et devient le premier moine de l’histoire à accéder à cette dignité. Il rédigea une règle pastorale à destination des évêques. On peut dire que sa double expérience de l’administration et de la vie monastique font de lui un modèle pour les pasteurs, et ce pour longtemps. Il est reconnu comme un excellent prédicateur et un grand commentateur des Ecritures. Il a en particulier publié ses Commentaires moraux sur le Livre de Job et un Commentaire du Prophète Ezechiel. Il a écrit une biographie de S. Benoît et on possède de lui une correspondance de huit-cent-quarante-huit lettres dans lesquelles on voit que tous les aspects de la vie chrétienne et humaine l’intéressent. En ces temps troublés qui suivent la chute de l’empire romain, S. Grégoire le Grand cherche à s’attirer les bonnes grâces des peuples germaniques. Il contribue à leur évangélisation, et consacre une énergie particulière à celle de l’Angleterre, dont le cœur ecclésial devient Canterbury, un foyer dont repartira l’évangélisation du continent européen par la suite. Il lutta contre l’hérésie donatiste en Afrique et contre l’arianisme en Espagne et en Germanie. C’est lui qui invente pour le pape le titre de « serviteur des serviteurs de Dieu » en s’opposant au patriarche de Constantinople aux ambitions concurrentes de celles du pape. On lui a attribué à tort l’origine du chant grégorien… mais il demeure vrai que sa contribution à la liturgie romaine est considérable et a duré des siècles. Il meurt à Rome en 604 en forte odeur de sainteté. Dans son commentaire sur le livre de Job, il a écrit ceci qui résume bien son projet de vie : « L’homme a été créé pour contempler son Créateur, pour chercher toujours sa face et habiter dans la solennité de son amour[1]. » Les textes de la liturgie du jour insistent sur la dimension évangélisatrice du pape du sixième siècle dans son ouverture aux païens. On peut calquer sur son ministère, l’ouverture de l’épitre aux Romains de S. Paul : « Pour que son nom soit reconnu, nous avons reçu par lui grâce et mission d’Apôtre, afin d’amener à l’obéissance de la foi toutes les nations païennes, dont vous faites partie, vous aussi que Jésus Christ a appelés. » (Rm 1, 5-6). Et l’évangile choisi pour la messe est celui de la pêche miraculeuse de S. Pierre sur l’ordre de Jésus. De même on peut dire que la vie de S. Grégoire le Grand illustre bien la vocation de S. Pierre et de ses successeurs dont il fait partie, d’être « pêcheurs d’hommes ». Pour signifier cela, c’est la métaphore animale qui est employée. On fait de nouveaux chrétiens de la même manière que l’on pêche des poissons. C’est parce que l’on ne devient pas chrétien tout seul, c’est forcément par la médiation de missionnaires qui annoncent la parole de Dieu. Une fois pris dans les filets, le poisson se transforme en brebis, et le pêcheur en pasteur qui prend soin de ses brebis. Il en va de même pour S. Pierre à qui Jésus demande de paître ses brebis, au nom du Bon Pasteur que le Christ est lui-même. Or la métaphore du pêcheur n’est plus très heureuse aujourd’hui. En effet, à cause de la surpêche intensive par les bateaux usines, non seulement les « stocks » de poissons sont parfois quasiment épuisés dans les océans de la planète sans leur laisser le temps de se renouveler, mais en plus les filets détruisent les fonds marins sur lesquels ils vont racler en fragilisant au plus haut point les écosystèmes traversés. Pourtant la métaphore fonctionne bien et est parlante pour ceux qui vivent dans la familiarité de cette activité dans sa version plus traditionnelle. Le but de la pêche évangélique n’est pourtant pas de consommer ou de manger la prise, mais au contraire, en l’ayant attrapée de lui donner un surcroît de vie, voir la vraie Vie et même la Vie éternelle. On passe de la vie « bios» en grec, à la vie « Zoé», utilisée dans les évangiles pour justement parler de la vie éternelle. C’est donc une drôle de pêche que celle qui est pratiquée par les missionnaires du Christ. La pêche miraculeuse peut être interprétée comme une parabole vivante, vécue par les disciples. A ce titre, cela rentre dans le cadre de l’enseignement du pape François dans Laudato si’ sur le regard de Jésus sur les créatures : le fait que Jésus utilise les poissons pour sa métaphore est lié à l’importance que Jésus donne aux poissons en tant que créatures, voulues et aimées pour elles-mêmes par Dieu leur Créateur.

[1] S. Grégoire le Grand, Commentaires moraux sur le Livre de Job, Livre VIII, ch. 12.

 

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