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Chronique d’écologie intégrale du 03 décembre 2025, Mémoire obligatoire de Saint François-Xavier, prêtre
Saint François-Xavier, apôtre des pays du Soleil levant, fêté le 3 décembre est né au château de Xavier en Navarre en 1506. Il rencontre S. Ignace de Loyola à Paris à l’occasion de leurs études respectives. Ils partagent la même chambre à partir de 1529. Il fait partie du premier cercle des fondateurs de la Compagnie de Jésus en 1534, dans une chapelle sur la colline de Montmartre. Ordonné prêtre à Venise en 1537, il se retrouve à Rome un an plus tard pour la fondation canonique de la compagnie de Jésus. Il est ensuite envoyé en mission en 1542 par S. Ignace dans les Indes portugaises où il évangélise pendant dix ans. Il passe aussi par le Japon où il fonde en deux ans une petite communauté qui comportera trente mille fidèles vingt ans après sa mort. Il meurt d’épuisement au seuil de la Chine sur l’île de Sancian en 1552, à quarante-six ans. On estime qu’il a parcouru quelques cent-mille kilomètres pendant cette période. Il a laissé comme témoignages écrits, de nombreuses lettres et des petits traités à l’usage des missionnaires. Sa vocation est marquée par sa passion pour le salut des hommes, et pour faire connaitre la gloire de Dieu. Il fut canonisé en 1622 en même temps que S. Ignace et que S. Thérèse d’Avila. Il fut proclamé patron de l’œuvre de la propagation de la foi en 1904, puis en 1927, patron de toutes les missions, en compagnie de S. Thérèse de l’Enfant Jésus. Un des effets secondaires des missions catholiques en Extrême Orient fut un premier engouement pour ce qu’on appelle l’orientalisme, c’est à dire l’intérêt pour les religions orientales. C’est grâce aux travaux des missionnaires qui ont compilé et traduit de nombreux textes bouddhistes, hindouistes, tao et autres que l’Occident a eu accès à ces cultures et aux pratiques spirituelles orientales. Cette réalité montre que les missionnaires d’Asie des xvii et xviiie siècle ont eu un vrai souci de l’inculturation de l’évangile : bien connaître la culture des autochtones pour leur annoncer un Christ qu’ils attendent, ou en tout cas dont ils trouvent les pierres d’attente au sein même de leur culture. En effet, on trouve dans toutes les cultures du monde les semences du Verbes qui sont des lieux de vérités qui sont aptes à faire résonner l’Evangile. Ces semences sont présentes par création. Le Ps 95 décrit symboliquement l’œuvre missionnaire, comme celle de S. François Xavier quand de nombreuses personnes se convertissent et demandent le baptême : « racontez à tous les peuples sa gloire, à toutes les nations ses merveilles ! » (Ps 95, 3). Mais ce psaume a un début un peu particulier. Je cite : « Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, terre entière, chantez au Seigneur et bénissez son nom ! De jour en jour, proclamez son salut » (Ps 95, 1-2) Qui est le sujet du chant et de la bénédiction du nom de Dieu ? La terre. Alors on peut y voir une métaphore ou une figure de style qui associe en fait tous les habitants de la terre. Mais ce n’est pas rare que le psalmiste identifie la création non humaine comme une actrice dans la louange et la glorification de Dieu, voir de la communication de ses messages, comme dans le Ps 18. La création tout entière est porteuse d’un message divin, immanent, et il relève du travail des missionnaires de savoir le lire et de le traduire aux peuples vers qui il est envoyé car ce message présent dans la création et dans leur culture les prépare à recevoir l’Evangile du Christ. Dans le mouvement contraire, l’évangile de la messe du jour est celui de la finale de S. Marc : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. » (Mc 16,15) Ici c’est nous les missionnaires qui devons annoncer l’évangile à l’ensemble de la création, à toutes les créatures ; qu’est-ce que cela peut bien signifier ? La théologienne catholique américaine Sallie McFague écrit en 1992 : « Le salut est pour toute la création. Le ministère libérateur, guérisseur et inclusif du Christ a lieu dans et pour la création[1]. » Si effectivement l’action salvifique du Christ comme la réconciliation par le sang de la croix en Col 1, comme la récapitulation de toute la création (Ep 1, 9), comme l’entrée de la création dans la gloire des enfants de Dieu (en Rm 8, 18-22) concerne tous les êtres, ceux du ciel et ceux de la terre ; et si la prédication de l’évangile est à faire à toute la création (comme dans la Finale de Mc 16), alors il y a un ministère missionnaire et pastoral destiné à toutes les créatures. Le modèle est à prendre chez S. François d’Assise en particulier dans l’épisode paradigmatique de la prédication aux oiseaux. Quelles sont les modalités de cette annonce ? Je ne sais pas encore très bien. Mais en tout cas une piste cardinale me semble s’imposer du côté des gestes concrets et qui parlent d’eux-mêmes : le témoignage de l’amour par le soin de la maison co
[1] Sallie McFague, The Body of God: An Ecological Theology, Minneapolis, Fortress Press, 1993, p. 182.
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