Chronique KTO Radio – 25 Février 2026

Chronique KTO Radio – 25 Février 2026

Chronique KTO radio du mercredi 25 février 2026

Pour la messe de mercredi des Cendres, au moment de leur l’imposition sur notre front, le ministre prononce cette exhortation : « convertissez-vous et croyez à l’Evangile », ou alors, cette autre : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière ». Cette dernière est en fait le verset 19 du chapitre 3 du livre de la Genèse. Elle est prononcée par Dieu sur Aam lors de la confrontation qui suivit ce qu’on appelle le péché originel. C’est donc une injonction à la pénitence et à la conversion qui convient bien pour commencer le carême en tant que temps de pénitence. Mais ce verset fait écho à un autre, dans un contexte très différent en Gn 2, 7 : « Alors le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol. » C’est ici le moment de la création d’Adam, un moment de joie et même d’exultation profondément vitale dans la vivification du premier humain. Le « souviens-toi que tu es poussière » est alors l’occasion de prendre conscience d’un élément fondamental de notre foi en la création : par notre condition d’être créé, nous partageons les mêmes éléments que les autres créatures. Cela invite à nous situer dans deux perspectives complémentaires : (1) en diachronie nous sommes constitués d’éléments qui remontent à leur constitution au cœur de supernova qui ont explosé il y a plusieurs milliards d’années, bien avant la formation de la planète terre. Nous sommes le fruit d’une histoire de création continuée qui remonte aux origines mêmes de la matière. En synchronie, d’un point de vue écologique cela nous reconnecte avec les autres créatures dans des liens de solidarité qui nous unissent, plus important encore, qui nous situent dans l’interdépendance – et même des réseaux d’interdépendance –, car comme dirait le pape François dans Laudato si’ : « tout est lié. » La messe des cendres est donc l’occasion de nous resituer dans notre identité adamique de terriens, appartenant au système terre et sa complexité, mais que notre action, ces derniers siècles, a contribué à mettre en péril en une crise écologique dont nous sommes responsables. Via le rite de l’imposition des cendres, la reconnexion avec la terre et les vivants nous dynamise et nous rend l’espérance, mais nous fait également mesurer le besoin de pénitence et de réparation du tort causé à notre Sœur Mère la Terre.

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