*Chronique d’écologie intégrale – 23 Février 2026 – Mémoire obligatoire de Saint Polycarpe, évêque et martyr

*Chronique d’écologie intégrale – 23 Février 2026 – Mémoire obligatoire de Saint Polycarpe, évêque et martyr

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Chronique d’écologie intégrale du 23 février 2026, Mémoire obligatoire de Saint Polycarpe, évêque et martyr

C’est le 23 février que l’Eglise fait mémoire de S. Polycarpe, évêque de Smyrne en Turquie. Il est réputé, par le témoignage de Tertullien et d’Eusèbe de Césarée, avoir connu l’apôtre S. Jean et avoir été formé à son école. Il mourut martyr le 23/02/155 à l’âge de quatre-vingt-six ans. Dernier témoin de l’âge apostolique, c’est aussi le martyr le plus ancien dont on connaisse l’histoire après les martyrs bibliques. Il eut comme disciple illustre, S. Irénée premier évêque de Lyon. Il fut également un ami de S. Ignace d’Antioche avec qui il a correspondu et il l’a accueilli sur la route de son martyre à Rome entre 107 et 113. Le texte intitulé Le Martyre de Polycarpe constitue une source historique fiable pour connaître la fin de sa vie. Il s’agit d’un récit d’un témoin oculaire écrit moins d’un an après l’événement. Sous l’empereur Marc-Aurèle, S. Polycarpe fut livré à la police romaine. Il fut accusé « d’athéisme » auquel il a été enjoint de renoncer. Les chrétiens étaient en effet considérés comme athées car ils ne croyaient en aucun des dieux de l’empire. On lui demanda même de blasphémer le Christ. Condamnée au bûcher, et voilà que les flammes ne l’atteignaient pas formant une voûte autour de lui. Il fut alors poignardé, puis incinéré. C’est bien à l’église de Smyrne que l’auteur du livre de l’Apocalypse (2, 8-11) a écrit ces lignes : « À l’ange de l’Église qui est à Smyrne, écris : Ainsi parle celui qui est le Premier et le Dernier, celui qui était mort et qui est entré dans la vie : […] Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de la vie. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Églises. Le vainqueur ne pourra être atteint par la seconde mort. » Les actes de son martyre rapportent qu’il a prononcé cette prière sur son bûcher : « Dieu de toute la création, je te bénis pour m’avoir jugé […] digne d’être compté au nombre de tes martyrs de participer au calice de ton Christ, pour ressusciter à la vie éternelle […] dans l’incorruptibilité de l’Esprit-Saint[1]. » Nous avons ici une formulation tout à fait biblique qui tient ensemble la foi en la création et celle en la résurrection. C’est le Dieu créateur qui sauve. Le pouvoir de ressusciter les morts et fondamentalement relié à celui de créer. Et c’est à comprendre comme suit : si Dieu a pu créer le monde dans son entier, alors, il ne lui sera pas bien difficile de ressusciter ses fidèles de parmi les morts. D’ailleurs les miracles qui ont lieu pendant la mise sur le bûcher semblent témoigner de cela. S. Polycarpe ne brûle pas mais dégage une bonne odeur de cuisson et sa peau semble dorée au feu et non pas carbonisée alors que les flames forment une voûte autour du saint. J’en conclus que le pouvoir de faire des miracles est également lié au pouvoir créateur. Ces miracles annoncent que la mort n’aura pas le dernier mot car le Créateur est aussi celui qui a vaincu la mort par son Fils. Nous avons ici quelques éléments pour comprendre ce qu’est un miracle. C’est d’abord un signe qui sert à annoncer le salut qui vient. Mais la dimension miraculeuse atteste que quelque chose d’extraordinaire vient de se produire. Certains penseurs de la modernité ont jugé que si Dieu créait un monde selon des lois qu’il avait lui-même créées, ce n’était pas pour les faire changer quand bon lui plaisait, car Dieu est raisonnable quand-même. Cette approche mettait donc en doute la possibilité même du miracle en tant que modification ponctuelle de l’ordre du monde. Or en Sg, 19, 5-6, passage biblique qui fait une relecture de la sortie d’Egypte et du passage de la mer Rouge, on peut lire : « La création entière, en sa propre nature, était encore de nouveau façonnée, se soumettant à tes ordres, pour que tes enfants fussent gardés indemnes. » Le passage de la mer Rouge a pied sec est pensé par l’auteur sacré comme une modification des lois de la nature, et donc de l’engagement de l’action créatrice de Dieu dans le temps. On peut préciser, pour rassurer les modernes, que ce type de changement est ponctuel dans le temps et localisé géographiquement. Cela veut-il dire que Dieu peut résoudre miraculeusement la crise écologique par ce procédé ? Probablement, si c’est son intention. Mais s’il ne l’a pas encore fait, c’est que nous ne sommes peut-être pas encore descendus assez bas dans la crise. Mais je pense s’il ne le fait pas, c’est qu’il nous a donné les capacités de corriger le problème par nous-mêmes et de faire face à ses conséquences.

[1] . Ignace d’Antioche, Polycarpe de Smyrne, Lettres, Martyre de Polycarpe, P. Th. Camelot, coll. Sources Chrétiennes, 10, Paris, Cerf, 1969, 14, 2.

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