*Chronique d’écologie intégrale – 21 Janvier 2026 – Mémoire obligatoire de Sainte Agnès, vierge et martyr

*Chronique d’écologie intégrale – 21 Janvier 2026 – Mémoire obligatoire de Sainte Agnès, vierge et martyr

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Chronique d’écologie intégrale du 21 janvier 2026, Mémoire obligatoire de Sainte Agnès, vierge et martyr

Sur l’épitaphe de la tombe de S. Agnès fêtée le 21 janvier, on peut lire : « surmonta néanmoins de toute sa force enfantine l’immensité de la cruauté. » Elle fut en effet martyrisée dans les derniers mois de la persécution de Dioclétien en 304 ou 305 à l’âge de douze ans. Elle préféra la mort à la perte de sa virginité, symbole de la pureté de la foi. Alors qu’elle aurait été consacrée au Seigneur dès sa naissance, ses parents ont témoigné du fait qu’elle leur avait échappé pour proclamer sa foi publiquement dans un contexte où de nombreux chrétiens apostasiaient. D’abord condamnée au bûcher, d’autres sources disent qu’elle fut décapitée, une autre condamnée à la jugulation. Elle fut ensuite ensevelie à Rome au cimetière de la Via Nomentana en 305. Son culte est attesté en 336. Elle fait partie des grandes martyres dont le nom figure au canon romain avec les saintes Perpétue et Félicité, Agathe, Lucie, Cécile, Anastasie . En 375 une hymne écrite par S. Ambroise relate son expérience. C’est dans la basilique construite toujours au ive siècle qui porte son nom « Agnès » et au jour de sa fête que le pape bénit les deux agneaux dont la laine sert à tisser les palliums destinés aux archevêques. S. Agnès est morte parce qu’elle a refusé de sacrifier sa virginité parce qu’elle était consacrée au Christ son unique époux. Son témoignage peut nous heurter, en nous disant : « à quoi bon ». Cette folie du martyr de S. Agnès est en parfaite consonnance avec la folie de la croix du Christ. Il nous interpelle à la manière de Georges Brassens qui veut bien « mourir pour des idées, d’accord ! Mais de mort lente ». S. Agnès est la sainte patronne de la chasteté, des couples, des vierges, de la pureté corporelle, des jeunes filles, des victimes de viol, des récoltes, et des guides, celles du scoutisme. Elle est souvent représentée avec un agneau à ses pieds et une palme à la main, ce qui est le cas d’à peu près tous les martyrs en ce qui concerne la palme. Dans l’iconographie chrétienne, la palme c’est-à-dire la feuille du palmier est placée dans la main d’un portrait ou d’une statue du martyr. Avec la couronne triomphale, elle symbolise la victoire des « athlètes » du Christ sur la mort grâce à la résurrection que le martyre garantit. « Cet arbre est particulièrement riche de symbolisme parce qu’il offre son ombre rafraîchissante et ses fruits réconfortants dans le désert dangereux. Ses propres feuilles deviennent elles-mêmes symbole de victoire sur la mort et le mal et c’est pour cela qu’elles rappellent la glorification des martyrs[1]. » Or on devient martyre parce qu’un pouvoir hostile a décidé et organisé une persécution. Or aujourd’hui, la crise écologique présente tous les traits d’une persécution de la maison commune par l’homme. En effet, la création manifeste par elle-même la gloire de Dieu, notamment dans la diversité de ses créatures. La crise écologique qui se traduit notamment par la perte de la biodiversité est comme l’affirmation humaine de la négation de cette expression divine dans la création. De plus en instrumentalisant les ressources naturelles et les écosystèmes pour en faire des usines de production intensive, on s’approprie la nature en la réduisant à des instruments au service du projet de production-consommation du paradigme technocratique. C’est une négation du don de Dieu à travers laquelle on lui dit : « tout ceci m’appartient, je ne reconnais pas que tout cela est à toi, ou vient de toi ». Un des cas les plus flagrant de cette approche est justement la déforestation des forêts tropicales pour les transformer en champ de monoculture, comme par exemple des palmerais, pour produire… de l’huile de palme. La palme deviendrait elle alors le symbole du martyre de la terre ? En tête des impacts écologiques liés à cette culture figure la déforestation massive, notamment en Indonésie et en Malaisie, qui concentrent 85 % de la production. Entre 2011 et 2013, plus de six millions d’hectares de forêt vierge ont été brûlés pour laisser place aux palmeraies, entraînant la destruction d’écosystèmes uniques et la disparition progressive d’espèces emblématiques comme l’orang-outan, dont la population a chuté de plus de 90 % en un siècle sur l’île de Sumatra. Ces incendies, libèrent d’énormes quantités de CO₂, faisant de l’Indonésie le cinquième pays émetteur de gaz à effet de serre au monde. La monoculture intensive du palmier à huile appauvrit les sols, pollue les eaux et l’atmosphère par l’usage massif d’engrais chimiques et de pesticides, dont certains sont neurotoxiques et interdits en Europe, de véritables péchés contre la création. Les communautés locales et autochtones subissent des déplacements forcés et la perte de leur patrimoine culturel, tandis que les conflits pour l’accès à la terre se multiplient, de vrais problèmes de justice sociale et environnementale. Enfin, la demande croissante en huile de palme, utilisée dans l’alimentation, les cosmétiques et les biocarburants, perpétue ce cycle destructeur. Une image pour l’iconographie à venir du martyre de la terre ? un orang-outan, tenant dans une main une palme, et dans l’autre un pot de nutella.

[1] . http://www.art-sacre.net/symbolique/f_135_1.html, consulté le 13/01/2026.

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