*Chronique d’écologie intégrale* – 20 Décembre 2025 – Célébration des Quatre Temps d’hiver

*Chronique d’écologie intégrale* – 20 Décembre 2025 – Célébration des Quatre Temps d’hiver

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Chronique d’écologie intégrale – samedi 20 Décembre 2025, Célébration des Quatre Temps d’hiver

Dans le calendrier liturgique catholique d’avant la réforme du Concile de Vatican II, était présent un rite très ancien d’entrée dans la saison automnale. Il s’agit des Quatre temps d’hiver, célébrés dans la semaine qui suit le troisième dimanche de l’Avent, le mercredi, le vendredi et le samedi. Ce rite, un des Quatre Temps de l’Eglise, est la reprise d’une pratique païenne qui remonte à l’Antiquité. Dans un souci d’inculturation, il fut instauré dans le diocèse de Rome au ivesiècle de notre ère pour célébrer les récoltes. C’était des jours de jeûne présents pendant le temps de l’Avent qui permettaient de se préparer à la venue de la nouvelle saison et ainsi d’envisager tous les changements qui s’annonçaient. C’est à comprendre comme une pratique liturgique qui reconnecte les croyants aux rythmes et aux cycles de la création. Or la réforme liturgique conciliaire a sorti ce rite du calendrier liturgique romain pour demander à chaque diocèse de l’adapter en fonction des réalités locales… Ce qui n’a pas été fait, sauf en Espagne à l’échelle nationale. Notons que les Quatre Temps sont observés en dehors du catholicisme, dans les pays de culture anglicane. C’est à raison que ce rite a été sorti du calendrier universel car non seulement on célèbre l’entrée dans l’une des quatre saisons de l’hémisphère nord, mais en plus on remercie Dieu pour les fruits de la terre récoltés pendant cette saison. En hiver, c’est-à-dire vers la fin du mois de décembre en zone tempérée et méditerranéenne de l’hémisphère nord, on récolte les olives. Il convient donc que ce rite soit acclimaté en fonction des réalités géographiques, climatiques, écologiques et agricoles des pays concernés. En attendant, depuis 1969 que les évêques de France se prononcent sur d’éventuelles nouvelles dates, au Centre Hélène et Jean Bastaire dans le Lot, nous avons pris l’initiative d’expérimenter un renouveau de cette pratique aux dates traditionnelles qui continuent de convenir à la réalité géographique de la France. Nous proposons de célébrer un temps de vigile, qui commence avec le coucher du soleil, et comportant huit lectures, sur le modèle des vigiles des Quatre Temps tels que proposées dans les missels préconciliaires. Six lectures de l’Ancien Testament avec leur psaumes ou cantiques, une épitre et un évangile. Les six premières lectures ont lieu dehors. Les autres lectures ont lieu à l’intérieur de l’église. Les deux dernières lectures, l’épitre et l’évangile marquent le moment du début de la liturgie eucharistique suivant la vigile. Observant les recommandations du concile de Vatican II, concernant ces rites et celui des rogations, nous mettons l’accent sur la bénédiction, en particulier des éléments de la création. On commence par une partie itinérante, une marche priante qui traverse des espaces naturels, jusqu’à l’église ou sera célébrée l’eucharistie. Pendant cette marche des stations sont observées au cours desquelles un naturaliste interprète le livre de la nature afin d’y lire le message que Dieu nous transmet à travers la création. Sur le parcours, on commence la marche avec une station faisant mémoire l’hiver lui-même, en tant que saison, qui est bénie afin de nous aider à la vivre dans la sainteté et en harmonie avec les rythmes de notre « sœur mère la terre », selon l’expression de S. François d’Assise. A la deuxième station, on bénit un point cardinal : le nord. En Occident le nord associé à l’hiver comme point cardinal symbolique à cause du froid apporté par la bise, alors que les jours sont très courts. Après la lecture de la troisième station ce sont les olives qui sont récoltées et l’huile fabriquée en ce début d’hiver que nous bénissons, selon la grande tradition de ce rite ancestral. A la quatrième station on bénit un des éléments associés à l’hiver : les roches, pierres et l’élément minéral en général. A la cinquième station, on bénit une pièce d’eau. Non pas l’eau à la manière de Pâques pour en faire de l’eau bénite mais plutôt la pièce d’eau qui a une utilité écologique ou humaine, comme une marre ou une rivière. Enfin Après la lecture de la sixième station, nous faisons mémoire de la création des astres du ciel au quatrième jour de la Genèse et en particulier la lune, symbole de la nuit hivernale. Les astres sont créés par Dieu pour êtres les marqueurs des saisons. Pendant la messe, un geste peut être accompli au moment de la présentation des dons : amener des olives et de l’huile à côté du vin en procession. C’est un moyen pratique et symbolique d’associer la louange de la création à cette célébration liturgique. Vous l’aurez compris, cette initiative est une réponse à l’appel du pape François dans Laudato si’ à proposer une spiritualité écologique de la création, pour tous ceux qui veulent mettre l’écologie intégrale en pratique.

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