*Chronique d’écologie intégrale – 10 Décembre 2025 – Mémoire facultative de Notre Dame de Lorette

*Chronique d’écologie intégrale – 10 Décembre 2025 – Mémoire facultative de Notre Dame de Lorette

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Chronique d’écologie intégrale du mercredi 10 décembre 2025, Mémoire facultative de Notre Dame de Lorette

La mémoire facultative de Notre-Dame de Lorette, célébrée le 10 décembre, commémore la Sainte Maison de Nazareth, lieu où, selon la tradition, l’ange Gabriel annonça à Marie qu’elle serait la mère du Christ. Transportée miraculeusement de Palestine à Lorette en Italie en 1294, cette modeste demeure, composée de trois murs de pierre, devint un sanctuaire marial majeur et un symbole de la présence de Dieu au cœur des foyers chrétiens. La tradition rapporte que des anges déplacèrent la maison pour la soustraire aux persécutions musulmanes, d’abord en Croatie (1291) au moment de la perte des états latins d’Orient et la fin de la présence des croisés en Terre sainte ; puis en Italie, où elle fut installée dans une forêt près de Recanati avant d’être transportée à Lorette. Ce récit, bien que non historiquement vérifiable, fut officiellement reconnu par l’Église, et le sanctuaire devint un lieu de pèlerinage dès le xivᵉ siècle, attirant des millions de fidèles, dont des saints comme S. Ignace de Loyola, S. Thérèse de Lisieux et S. Jean-Paul II. Le rayonnement spirituel de Lorette s’étendit bien au-delà de l’Italie. La Sainte Maison, enchâssée dans une basilique majestueuse, devint un symbole de l’Incarnation et de la famille chrétienne, inspirant des milliers de répliques (comme les « Lorettes » en France et en Europe). Le pape Sixte V éleva le sanctuaire au rang de basilique patriarcale. Aujourd’hui, Lorette est un haut lieu de la piété populaire, où les pèlerins viennent prier pour la famille, la paix et la protection de la maison, notamment à travers la Litanie de Lorette, qui invoque Marie sous des titres comme « Maison d’or » ou « Reine des familles ». La mémoire du 10 décembre est introduite en 1907 par Pie X dans le calendrier liturgique. Cette mémoire facultative souligne aussi l’importance de la maison comme lieu de sainteté, un thème cher à la spiritualité familiale. En 2019, le pape François a visité Lorette pour y signer l’exhortation apostolique Christus Vivit, rappelant aux jeunes que la Sainte Maison est un « sanctuaire de l’espérance ». Marie reçoit dans les litanies de Lorette le titre de « Maison d’or » : Selon l’enseignement de Saint Jean Damascène (viiiᵉ siècle) nous apprenons que, je cite : « Marie est le palais de Dieu, la maison dorée où le Roi des cieux a établi sa résidence[1]. » Cette métaphore souligne que Marie, par sa virginité et son humilité, est le lieu saint où Dieu a posé sa demeure. On trouve dans ce titre un lien fort entre Marie et sa maison selon une logique de correspondance symbolique. En prenant soin de la maison de Marie, lieu physique sanctifié par l’incarnation du Verbe, les chrétiens de l’époque ont pris de Marie elle-même, elle qui fut la demeure maternelle de ce même Verbe incarné. La dévotion à la maison équivaut à une dévotion à la Mère de Dieu elle-même. Risquons-nous à une allégorie, dans la perspective de l’écologie intégrale et du soin de la création. Je suis frappé par le fait qu’aujourd’hui nous soyons fortement invités à prendre soin d’une autre maison menacée de destruction, la maison commune. Il s’agit dans Laudato si’ de la planète terre, mais aussi de la création tout entière. Dans ce cas, la planète en tant que maison ou oikosen grec – racine qui a donné le mot écologie – rassemble les conditions d’existence de la famille humaine. De la même manière que prendre soin de la maison de Lorette c’est prendre soin de Marie, prendre soin de la maison commune c’est prendre soin de la famille humaine. Le fait est que la création est également comparable à une maison pour Dieu et en particulier par son Verbe, sa Parole. Dieu habite sa création au plus intime de son existence physique, par ce qu’elle est créée et dynamisée par son sa Parole créatrice. C’est une Tradition théologique que les Pères de l’Eglise ont appelé le « Christ cosmique ». De la même manière que Marie est la demeure du Verbe incarné, la création est la demeure du Verbe créateur. Prendre soin de la maison commune comme création c’est prendre soin de la demeure de Verbe et surtout de son œuvre permanente et à venir car la création est inachevée. En effet la maison commune est en cours d’achèvement, comme la maison de Lorette qui n’est composée que de trois murs, en attente d’un quatrième. Si Marie est la mère du Créateur elle est reine et mère de la création. La création est aussi sa maison qui aujourd’hui comme à la fin des croisades est menacée par un péril mortel ; à l’époque la reconquête musulmane pour la maison de Lorette, aujourd’hui, la crise écologique pour la maison commune. Alors prendre soin de la création, maison commune, relève aussi d’une piété toute mariale dans le sillage de la dévotion à Notre Dame de Lorette qui vénère la maison de Marie.

[1] Saint Jean Damascène, Homélie sur la Nativité de la Vierge Marie (Homélie I, § 9), in Jean Damascène, Homélies sur la Nativité de la Vierge, Patrologie Grecque (PG) 96, col. 663-664.

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