*Chronique d’écologie intégrale – 07 Décembre 2025 – Mémoire obligatoire de Saint Ambroise, évêque et docteur de l’Église

*Chronique d’écologie intégrale – 07 Décembre 2025 – Mémoire obligatoire de Saint Ambroise, évêque et docteur de l’Église

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Chronique d’écologie intégrale du 07 décembre 2025, Mémoire obligatoire de saint Ambroise, évêque et docteur de l’Église

S. Ambroise de Milan, fêté le 7 décembre, est né à Trèves vers 339 ou 340, fils du préfet du prétoire et mort à Milan en 397. Il fait ses études juridiques à Rome et entre dans l’administration impériale. Envoyé à Milan comme consulaire il doit donner de sa personne au moment de la mort de l’évêque arien de la ville. En effet des troubles éclatent et c’est de prêcher la paix qui fait qu’il est élu par acclamation évêque de Milan… Il avait beau être issu d’une famille chrétienne, il n’était à l’époque que catéchumène. L’empereur ratifie l’élection et on lui administre tous les sacrements en quelques semaines en 374. C’est la date de son ordination épiscopale, le 7 décembre de la même année qui est retenue pour sa fête. Pasteur énergique au moment où Milan est résidence impériale, il interdit à l’empereur Théodose le grand l’entrée de la ville après le massacre de Thessalonique. Il l’oblige même à se repentir publiquement. Il affirme ainsi une certaine indépendance de l’Eglise face au pouvoir impérial. Il s’oppose également au maintien d’un autel païen dans l’enceinte du Sénat. Il gouverne par l’exemple en mettant les pauvres au centre de son ministère. Il se défit de son héritage et vendit des vases sacrés pour racheter des captifs. S. Ambroise est bien connu pour avoir aidé S. Augustin d’Hippone à se convertir. C’est même lui qui le baptise en 387. En cette période de lutte contre l’arianisme, S. Ambroise écrit de nombreux ouvrages destinés à combattre cette hérésie et d’autres qui nient la divinité du Christ. Imitant la stratégie d’Arius pour la diffusion de son hérésie, il est à l’origine d’une forte production en liturgie avec des hymnes et des tons de psaume, ainsi que des chants populaires pour la diffusion de la foi catholique. Il fait partie des quatre grands docteurs de l’Eglise latine aux côtés de S. Augustin, S. Jérôme et S. Grégoire le grand. Son œuvre théologique est considérable, on retiendra son traité du Saint Esprit et celui sur les sacrements dont les influences furent très importantes dans la tradition théologique occidentale. Il est aussi l’auteur d’un Hexaméron, c’est-à-dire d’un commentaire du récit de la Genèse en six jours. On va retrouver dans sa doctrine sur la création de nombreux éléments annonciateurs de celle du pape François dans Laudato si’, en particulier dans le cadre de la bonne nouvelle de la création : S. Ambroise affirme en effet que la création est l’œuvre commune des trois personnes divines. A la suite de S. Irénée il souligne que Dieu crée par sa Parole (le Verbe, c’est-à-dire le Fils) et par son Esprit. Le monde est l’expression de la sagesse et de l’amour divins, et non le résultat d’un combat ou d’un hasard. Contrairement aux courants gnostiques ou manichéens de son époque, S. Ambroise insiste sur la bonté intrinsèque de la création. Il rejette toute idée de dualisme entre matière et esprit : tout ce que Dieu a créé est bon faisant référence à Gn 1, 31. La matière n’est pas mauvaise en soi ; elle est appelée à être transfigurée et orientée vers son Créateur. Cette vision positive de la création inclut l’être humain, créé à l’image de Dieu, et appelé à dominer la création avec sagesse et responsabilité. S. Ambroise voit dans l’univers un ordre harmonieux, reflétant la rationalité divine. Dans l’Hexaemeron, il décrit les six jours de la création comme une progression ordonnée, où chaque élément (lumière, ciel, terre, végétaux, astres, animaux, humain) a sa place et sa finalité en une économie de la nature qui prédispose à une compréhension écologique du monde. De plus, cet ordre n’est pas statique, mais dynamique : la création est en mouvement vers sa perfection, sous la conduite de la Providence. Pour S. Ambroise, la création est indissociable du dessein salvifique de Dieu. Le Christ, Verbe incarné, est à la fois l’agent de la création, le Créateur et celui de la rédemption, le Sauveur. Le péché de l’homme n’annule pas la bonté originelle de la création, mais introduit le besoin de la grâce. La création tout entière est appelée à participer à la rédemption, la résurrection du Christ renouvelle toute chose. Pour notre évêque la nature est un livre qui révèle Dieu. Il encourage ses fidèles à contempler la création pour y découvrir sa grandeur et sa puissance. Cette approche invite à une lecture spirituelle du monde, où chaque créature devient un signe de la bonté et de la présence divine. La beauté du cosmos est une invitation à louer le Créateur. Pour nourrir ce que le pape François appelle un anthropocentrisme situé, on lit chez S. Ambroise que l’être humain occupe une place centrale, pont entre le monde matériel et spirituel : il est à la fois corps et âme, lié à la matière et ouvert à l’esprit. S. Ambroise insiste sur la dignité de la personne humaine, appelée à la communion avec Dieu. La création est un don confié à l’humanité, qui doit en prendre soin et l’offrir à Dieu dans en une action de grâce eucharistique.

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