Chronique Clameur de la Terre KTO radio du mercredi 03 décembre 2025, Célébration des Quatre Temps d’hiver
Dans le calendrier liturgique catholique d’avant la réforme du Concile de Vatican II, était présent un rite d’entrée dans la saison hivernale. Il s’agit des Quatre temps d’hiver, célébrés dans la semaine qui suit le troisième dimanche de l’Avent, le mercredi, le vendredi et le samedi. Ce rite, est la reprise d’une pratique païenne qui remonte à l’Antiquité. Dans un souci d’inculturation, il fut instauré dans le diocèse de Rome au ive siècle de notre ère pour célébrer les récoltes. Ces jours permettaient de se préparer à la venue de la nouvelle saison et ainsi d’envisager tous les changements qui s’annonçaient. Pour aujourd’hui, c’est à comprendre comme une pratique liturgique qui reconnecte les croyants aux rythmes et aux cycles de la création. En hiver, c’est-à-dire vers la fin du mois de décembre en zone tempérée et méditerranéenne de l’hémisphère nord, on récolte les olives. Il convient donc que ce rite soit acclimaté en fonction des réalités géographiques, climatiques, écologiques et agricoles des pays concernés. Au Centre Hélène et Jean Bastaire dans le Lot, nous avons pris l’initiative d’expérimenter un renouveau de cette pratique dans l’esprit de l’écologie intégrale. Nous proposons un temps de vigile, qui commence avec le coucher du soleil, et comportant huit lectures, sur le modèle des vigiles des Quatre Temps. Observant les recommandations du concile de Vatican II, concernant ces rites nous mettons l’accent sur la bénédiction, en particulier des éléments de la création. On commence par une partie itinérante, qui traverse des espaces naturels, jusqu’à l’église ou sera célébrée l’eucharistie. Au cours de cette marche des stations sont observées. La première station fait mémoire des astres du ciel créés le quatrième jour de la Genèse et en particulier la lune, symbole de la nuit hivernale. A la deuxième station, on bénit un des éléments associés à l’hiver : les pierres et l’élément minéral en général. A la troisième station on bénit un point cardinal : le nord. En Occident le nord est associé à cette saison à cause du froid apporté par la bise. A la quatrième station ce sont olives qui sont récoltées et l’huile fabriquée en ce début d’hiver que nous bénissons, selon la grande tradition de ce rite ancestral. A la cinquième station, on bénit une pièce d’eau. Non pas l’eau à la manière de Pâques pour en faire de l’eau bénite mais plutôt la pièce d’eau qui a une utilité écologique ou humaine, comme une marre ou une rivière. Enfin à la cinquième station, c’est l’hiver lui-même, en tant que saison, qui est béni afin de nous aider à le vivre dans la sainteté et en harmonie avec les rythmes de notre « sœur mère la terre », selon l’expression de S. François d’Assise. Pendant la messe, un geste peut être accompli au moment de la présentation des dons : amener des olives et de l’huile à côté du pain et du vin en procession. Vous l’aurez compris, cette initiative est une réponse à l’appel du pape François dans Laudato si’ à proposer une spiritualité écologique de la création, pour tous ceux qui veulent mettre l’écologie intégrale en pratique.
Un Commentaire